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Tome cinquième.
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226 HISTOIRE NATERELLE

ont avec les étrangers, auxquels elles s'abandonnent sans aucun»crainte de leurs maris et sans quils osent leur rien dire. Les mèresprostituent leurs filles le plus jeunes quelles peuvent. Ces bour-geois de Calicut ou Moucois semblent être dune autre race queles nobles ou naïrs; car ils sont, hommes et femmes, plus laids,plus jaunes, plus mal faits et de plus petite taille. 11 y a parmi lesnaïrs de certains hommes et de certaines femmes qui ont les jam-bes aussi grosses que le corps dun autre homme : cette difiorniiténest point une maladie; elle leur vient de naissance. Il y en aqui nont quune jambe, et dautres qui les ont toutes les deuxde cette grosseur monstrueuse : la peau de ces jambes est dure etrude comme une verrue; avec cela ils ne laissent pas dêtre fortdispos. Celte race dhommes à grosses jambes sest plus multipliéeparmi les naïrs que dans aucun autre peuple des Indes : on entrouve cependant quelques-uns ailleurs, et surtout à Ceylan, lon dit que ces hommes à grosses jambes sont de la race desaint Thomas.

Les habitans de Ceylan ressemblent assez à ceux de la côte deMalabar : ils ont les oreilles aussi larges, aussi basses et aussi pen-dantes ; ils sont seulement moins noirs, quoiquils soient ce-pendant Ibrt basanés. Ils ont lair doux et sont naturellement fortagiles , adroits et spirituels : ils ont tous les cheveux très-noirs ;les hommes les portent lbrt courts. Les gens du peuple sont pres-que nus; les finîmes ont le sein découvert; cet usage est mêmeassez général dans lInde . li y a des espèces de sauvages dans liiede Ceylan, quon appelle Bedas ; ils demeurent dans la partieseptentrionale de lïle, et noccupent quun petit canton. Ces Bedassemblent être une espèce d'hommes toute différente de celle deces climats : ils habitent unpetil pays tout couvert de bois si épais,quil est fort difficile d'y pénétrer, et ils sy tiennent si bien ca-chés, quon a de la peine à en découvrir quelques-uns. Ils sontblancs comme les Européens; il y en a même quelques-uns quisont roux. Us ne parlent pas la langue de Ceylan , et leur langagena aucun rapport avec toutes les langues des Indiens. Ils nontni villages ni maisons, ni communication avec personne. Leur»armes sont larc et les flèches, avec lesquelles ils tuent beau-coup de sangliers, de cerfs, etc. Us ne font jamais cuire leurviande: mais ils la confisent dans du miel, quils ont en abon-dance. On ne sait point lorigine de cette nation , qui nest pasfort nombreuse, et dont les familles demeurent séparées les unesdes autres. U me paroit que ces Bedas de Ceylan, aussi-bien queles Ghacrelas de Java, pourroienl bien être de race européenne,