5oo HISTOIRE NATURELLE
tant qu’elle est fraîche. Les hommes et les femmes portent des
chemises; le reste de leurs habillemens est semblable à celui des
Samoïèdes, qui ne connoissent point l'usai,-' du linge.Dans
plusieurs relations il est fait mention des Lapons indépendans,quoique je ne sache guère qu’il y en ait, à moins qu’on ne veuillefaire passer pour tels un petit nombre de familles établies sur lesfrontières, qui se trouvent dans l'obligation de payer le tribut àtrois souverains. Leurs chasses et leurs pèches, dont ils viventuniquement, demandent qu’ils changent souvent de demeure ;ils passent, sans façon, d’un territoire à l'autre : d’ailleurs c’estla seule race de Lapons entièrement semblable aux autres, quin’ait pas encore embrassé le christianisme, et qui tienne encorebeaucoup du sauvage ; ce n’est que chez eux que se trouvent lapolygamie et les usages superstitieux.Les Finnois ont ha-
bité, dans les temps reculés, la plus grande jiarlie des contréesdu Nord. »
En comparant ce récit de M. Klingstedt avec les relations des«voyageurs et des témoins qui l’ont précédé, il est aisé de recon-noitre que, depuis environ un siècle, les Lapons se sont en par-tie civilisés : ceux que l’on appelle Lapons Moscovistes , et quisont les seuls qui fréquentent Archangel , les seuls par conséquentque M. Klingstedt ait vus , ont adopté en entier la religion et enpartie les moeurs russes ; il y a eu par conséquent des allianceset des mélanges. Il n’est donc pas étonnant qu’ils n’aient plus au-jourd’hui les mêmes superstitions , les mêmes usages bizarresqu’ils avoient dans le temps des voyageurs qui ont écrit. On nedoit donc pas les accuser d’avoir débité des fables; ils ont dit, etj’ai dit d’après eux , ce qui éloit alors et ce qui est encore chezles Lapons sauvages. On n’a pas trouvé et l’on ne trouve paschez eux des yeux bleus et de belles femmes ; et si l’auteur en avu parmi les Lapons qui viennent à Archangel, lien ne prouvemieux le mélange qui s’est fait avec les autres nations : car lesSuédois et les Danois ont aussi policé leurs plus proches voisinsLapons ; et dès que la religion s’établit et devient commune àdeux peuples , tous les mélanges s’ensuivent, soit au moral pourles opinions, soit au physique pour les actions.
Tout ce que nous avons dit d’après les relations faites il y aquatre-vingts ou cent ans ne doit donc s’appliquer qu’aux La pons qui n’ont pas embrassé le christianisme ; leurs races sontencore pures et leurs figures telles que nous les avons présentées.Les Lapons , d ; ! M. Klingstedt, ressemblent par la physionomie