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Tome cinquième.
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7>7yi HISTOIRE NATURELLE

« Ils poussèrent ensuite jusquà 4g degrés et demi de latitudesud, la rigueur du temps les obligea de prendre des quartiersdhiver et dy rester cinq mois. Ils crurent long-temps le pays in-habité, mais enfin un sauvage des contrées voisines vint les visi-ter; il avoit lair vif, gai, vigoureux, chaulant et dansant tout lelong du chemin. Etant arrivé au port, il sarrêta et répanditdelà poussière sur sa tête; sur cela quelques gens du vaisseaudescendirent, allèrent à lui,étayant répandu de même de la pous-sière sur leur tète, il vint avec eux au vaisseau sans crainte nisoupçon; sa taille étoil si hante , que la tète d'un homme de taillemoyenne de l'équipage de Magellan 11 e lui alloit quà la cein-ture, et il étoit gros à proportion.

Magellan fit boire et manger ce géant, qui fut fort joyeux jus-quà ce quil eut regardé par hasard un miroir quon lui avoitdonné avec dautres bagatelles; il tressaillit, et,reculant deflroi ilrenversa deux hommes qui se trouvoient près de lui. Il fut long-temps à se remettre de sa frayeur. Nonobstant cela, il se trouvasi bien avec les Espagnols, que ceux-ci eurent bientôt la compa-gnie de plusieurs de ces géans, dont lun surtout se familiarisapromptement, et montra tant de gaieté et de bonne humeur, queles Européens sc plaisoient beaucoup avec lui.

Magellan eut envie de faire prisonniers quelques-uns de cesgéans; pour cela , on leur remplit les mains de divers colifichetsdont ils paroissoient curieux, et, pendant quils les examinoienl,on leur mit des fers aux pieds : ils crurent d'abord que cetoit nueautre curiosité, cl parurent samuser du cliquetis de ces fers;mais quand ils se trouvèrent serrés et trahis, ils implorèrent lesecours dun être invisible et supérieur, sous le nom de Setebos.Dans cette' occasion , leur force parut proportionnée à leurstature; car l'un deux surmonta tous les efforts de neuf hommes,quoiquils l'eussent terrassé et quils lui eussent fortement lié lesmains; il se débarrassa de tous ses liens et s'échappa malgré toutce quils purent faire. Leur appétit est proportionné aussi a leurtaille; Magellan les nomma Patagons. »

Tels sont les détails que donne Harris louchant les Patagons,après avoir, dit-il, pris les plus grandes peines à comparer les re-lations des divers écrivains espagnols et portugais .

Il est ensuite question de ces géans dans la relation d ira voyageautour du monde par Thomas Cavendish , dout voici 1 abrégé parle même Harris.

« En faisant voile du cap Frio dans le Brésil , ils arrivèrent sm