356 HISTOIRE NATURELLE
toute race et de toute couleur produisent quelquefois des indivi-dus blafards, et que dans tous les climats cbauds il y a des racessujettes à cette espèce de dégradation : néanmoins, par toutes lesconnoissances que j’ai pu recueillir, il me paroit que ces blafardsforment plutôt des branches stériles de dégénération, qu’une tigeou vraie race dans l’espèce humaine ; car nous sommes, pourainsi dire, assurés que les blafards mâles sont inhabiles ou très-peu habiles à la génération, et qu’ils ne produisent pas avec leursfemelles blafardes, ni môme avec les négresses. Néanmoins onprétend que les femelles blafardes produisent, avec les nègres,des enfans pies, c’est-à-dire, marqués de taches noires et blan-ches, grandes et très-distinctes, quoique semées irrégulièrement.Cette dégradation de nature paroit donc être encore plus grandedans les mâles que dans les femelles, et il y a plusieurs raisonspour croire que c’est une espèce de maladie ou plutôt une sortede détraction dans l’organisation du corps, qu’une affection denature qui doive se propager : car il est certain qu'on n’en trouveque des individus, et jamais des familles entières; et l’on assureque, quand par hasard ces individus produisent des enfans, ils serapprochent de la couleur primitive de laquelle les pères oumères avoient dégénéré. On prétend aussi que les Dondos pro-duisent , avec les nègres, des enfans noirs, et que les Albinosde l’Amérique avec les Européens produisent des mulâtres.M. Sclireber, dont j’ai tiré ces deux derniers faits, ajoute qu’onpeut encore mettre avec les Dondos les nègres jaunes ou rougesqui ont des cheveux de cette même couleur, et dont on ne trouveaussi que quelques individus : il dit qil’on en a vu en Afrique etdans l’ile de Madagascar , mais que personne n’a encore observéqu’avec le temps ils changent de couleur et deviennent noirs oubruns ; qu’enfin on les a toujours vus constamment conserverleur première couleur ; mais je doute beaucoup de la réalité dstous ces faits.
« Les blafards du Darien , dit M. P., ont tant de ressemblanceavec les nègres blancs de l’Afrique et de l’Asie , qu’on est obligéde leur assigner une cause commune et constante. Les Dondos del’Afrique et les Kakerlaks de l’Asie sont remarquables par leurtaille qui excède rarement quatre pieds cinq pouces. Leur teintest d’un blanc fade, comme celui du papier ou delà mousseline,6ans la moindre nuance d’incarnat ou de rouge; mais on y dis-tingue quelquefois de petites taches lenticulaires grises : leur épi-derme n’est point oléagineux. Ces blafards n’ont pas le moindre