36 Ï HISTOIRE NATURELLE
pection du portrait, s’il y a en effet des cheveux sur les partie»Manches, de la laine sur les parties noires; il y a au contrairetoute apparence que les unes et les autres de ces parties sont cou-vertes de laine. Ainsi je suis persuadé que cet enfant pie doit sanaissance à un père nègre noir et à une mère négresse Manche.Jele soupçonnois en 1772, lorsque j’ai écrit à M. Taverne; et j’ensuis maintenant presque assuré par les nouvelles informationsque j’ai laites à ce sujet.
Dans les animaux, la chaleur du climat change la laine enpoil. On peut citer pour exemple les brebis du Sénégal , les bisonsou bœufs à bosse, qui sont couverts de laine clans les contréesiroides, et qui prennent du poil rude, comme celui de nos bœufs,c.ans les climats chauds, etc. Mais il arrive tout le contraire dansl’espèce humaine : les cheveux ne deviennent laineux que surles nègres, c’est-à-dire , dans les contrées les plus chaudes de laterre, où tous les animaux perdent leur laine.
On prétend que, parmi les blafards des dilferens climats, le»uns ont de la laine, les autres des cheveux, et que d’autres n’ontni laine ni cheveux , mais un simple duvet; que les uns ont l’irisdes yeux rouge, et d’autres d’un bleu foible; que tous en généralsont moins vifs, moins forts et plus petits que les autres hommes ,de quelque couleur qu’ils soient; que quelques-uns de ces bla-fards ont le corps et les membres assez bien proportionnés ; qued’autres paraissent difformes par la longueur des bras , et surtouti <>' le» pieds et par les mains, dont les doigts sont trop gros outrop courts. Toutes ces différences rapportées par les voyageursparaissent indiquer qu’il y a des blafards de bien des espèces,et qu’en général cette dégénération ne vient pas d’un type denature , d’une empreinte particulière qui doive se propager sansaltération et former une race constante , mais plutôt d’une désor-ganisation de la peau plus commune clans les pays chauds qu’elle11e l’est ailleurs ; car les nuances du blanc au blafard se recon-noissent dans les pays tempérés et même froids. Le blanc mat etfacle des blafards se trouve dans plusieurs individus de tous lesclimats; il y a même en France plusieurs personnes des deuxsexes dont la jteau est de ce blanc inanimé ; cette sorte de peau neproduit jamais que des cheveux et des poils blancs ou jaunes. Cesblafards de notre Europe ont ordinairement la vue foible, le tourdes yeux rouge, l’iris bleu, la peau parsemée de taches grandescomme des lentilles, non-seulement sur le visage, mais même surle corps, et cela me confirme encore dans l’idée que les blafardsen général ne doivent être regardés que comme des individus