DE L'HOMME. 56 r
tles personnes clignes de foi m'ont assuré avoir vu à Bar line,femme qui, depuis les clavicules jusqu’aux genoux, est entière-ment couverte d’un poil de veau fauve et touffu. Cette femme aaussi plusieurs poils semés sur le visage; mais on n’a pu m’endonner une meilleure description. Nous avons vu à Paris , dansl’année 1774, un Russe dontle front et tout le visage étoient cou-verts d’un poil noir comme sa barbe et ses cheveux. J’ai ditqu’011 trouve de ces hommes à face velue à Yeço et dans quelquesautres endroits : mais, comme ils sont en petit nombre, on doitprésumer que ce n’est point une race particulière ou variété cons-tante, et que ces hommes à face velue ne sont, comme les bla-fards, que des individus dont la peau est organisée différemmentde celle des autres hommes; car le poil et la couleur peuvent êtreregardés comme des qualités accidentelles produites par des cir-constances particulières, que d’autres circonstances particulièreset souvent si légères qu’on ne les devine pas,peuvent néanmoinsfaire varier et même changer du tout au tout.
Mais, pour en revenir aux nègres, l’on sait que certaines ma-ladies leur donnent communément une couleur jaune ou pâle,et quelquefois presque blanche : leurs brûlures et leurs cicatricesrestent même assez long-temps blanches; les marques de leurpetite vérole sont cl’abord jaunâtres, et elles 11e de viennent noires,comme le reste de la peau, que beaucoup de temps après. Les nè-gres en vieillissant perdent une partie de leur couleur noire, ils pâ-lissent ou jaunissent; leur tète et leur barbe grisonnent. M. Sclire-ber prétend qu’on a trouvé parmi eux plusieurs hommes tache-tés , et que même en Afrique les mulâtres sont quelquefois mar-cpics de blanc, de brun et de jaune; enfin que,parmi ceux quisont bruns, on en voit quelques-uns qui, sur un fond de cettecouleur, sont marqués de taches blanches : ce sont là , dit-il, lesvéritables Chacrelas, auxquels la couleur a fait donner ce nompar la ressemblance qu’ils ont avec l’insecte du même nom. Ilajoute qu’011 a vu aussi à Tobolsk , et dans d’autres contrées de laSibérie , des hommes marquetés de brun et dont les taches étoientd’une peau rude , tandis que le reste de la peau qui étoit blancheétoit fine et très-douce. Un de ces hommes de Sibérie avoit mêmeles cheveux blancs d’un côté de la tête, et de l’autrecôté ils ctoientnoirs ; et on prétend qu’ils sont les restes d’une nation qui por-toit le nom de Piegaga ou Piestra Hordct, la horde bariolée outigrée.
Nous croyons qu’on peut rapporter ces hommes tachés deSibérie à l'exemple que nous venons de donner de la petite fille à