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Tome cinquième.
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5«0 histoire naturelle.

probabilité de la mort subite soit zéro , et que son influence surnotre conduite soit nulle moralement. Un homme dont làme estbelle, lorsquil aime quelquun, ne se reprocheroit-il pas de re-tarder dun jour les mesures qui doivent assurer le bonheur dela personne aimée? Si un ami nous confie un dépôt considérable,ïie mettons-nous pas, le jour même , une apostille à ce dépôt ?Nous agissons donc, dans ce cas , comme si la probabilité de lamort subite éloit quelque chose, et nous avons raison d'agir ainsi.Honc lon ne doit pas regarder la probabilité de la mort subitecomme nulle en général.

Celte espèce d'objection sévanouira, si lon considère que l'onfait souvent plus pour les autres que I on ne feroit pour soi : lors-qu on met une apostille au moment même quon reçoit un dépôt,cest uniquement par honnêteté pour le propriétaire du dépôt,pour sa tranquillité, et point du tout par la crainte de notre mortdans les vingt-quatre heures. 11 en est de même de lempressementqu'on met à faire le bonheur de quelqu'un ou le nôtre : ce nestpas le sentiment de la crainte dune mort si prochaine qui nousguide, cest notre propre satisfaction qui nous anime; nous cher-chons à jouir en tout le plus tôt quil nous est possible.

En raisonnement qui pourrait paraître plus fondé, cest quetous les hommes sont portés à se flatter, que lespérance semblénaître dun moindre degré de probabilité que la crainte, et quepar conséquent on nest pas en droit de susbtituer la mesure de1 une à la mesure de lautre. La crainte et lespérance sont dessenlimens, et non des déterminations; il est possible, il est mêmeplus que vraisemblable cjue ces sentimens ne se mesurent pas surle degré précis de probabilité; et dès-lors doit-on leur donnerune mesure égale, ou même leur assigner aucune mesure?

A cela je réponds que Ja mesure dont il est question ne portepas sur les senlimens, mais sur les raisons qui doivent les fairenaître., et que tout homme sage ne doit estimer la valeur de cessentimens de crainte ou d'espérance que par le degré de proba-bilité ; car quand même la Nature, pour le bonheur de 1 homme,lui aurait donné plus de pente vers lespérance que vers la crainte,il nen est pas moins vrai que la probabilité ne soit la vraie me-sure et de lune et de lautre. Ce nest même que par lapplicationde cette mesure que lon peut se détromper sur ses fausses espé-rances, ou se l'assurer sur ses craintes mal fondées.

Avant de terminer cet article, je dois observer quil faut pren-dre garde de se tromper sur ce que jai dit. des effets dont nous neconnoissons pas la cause; car jentends seulement les effets dont