Band 
Tome sixième.
Seite
477
JPEG-Download
 

BU CASTOR. 47 j

cl cia queue a l’odeur, la saveur et toutes les qualités de celle dupoisson. Cette queue, longue d’un pied , épaisse d’un pouce, etlarge de cinq ou six, est même une extrémité, une vraie portionde poisson attachée au corps d’un quadrupède ; elle est entière-ment recouverte d’écailles et d’une peau toute semblable à celledes gros poissons : on peut enlever ces écailles en les raclant aucouteau ; et lorsqu’elles sont tombées, l’on voit encore leur em-preinte sur la peau, comme dans tous nos poissons.

C’est au commencement de l’été que les castors se rassemblent ;ils emploient les mois de juillet et d’août à construire leur digue etleurs cabanes ; ils font leur provision d’écorce et de bois dans le moisde septembre ; ensuite ils jouissent de leurs travaux, ils goûtent lesdouceurs domestiques : c’est le temps du repos; c’est mieux, c’estla saison des amours. Se connoissant, prévenus l’un pour l’autrepar l’habitude, par les plaisirs et les peines d’un travail commun,chaque couple ne se forme point au hasard, 11e se joint pas parpure nécessité de nature, mais s’unit par choix et s’assortit pargoût; ils passent ensemble l’automne et l’hiver; contens l’un del’autre, ils ne se quittent guère; àl’aise dans leur domicile, ils n’ensortent que pour faire des promenades agréables et utiles; ils enrapportent des écorces fraîches, qu’ils préfèrent à celles qui sontsèches ou trop imbibées d’eau. Les femelles portent, dit-on,quatre mois; elles mettent bas sur la fin de l’hiver et produisentordinairement deux ou trois petits. Les mâles les quittent à peuprès dans ce temps; ils vont à la campagne jouir des douceurs etdes fruits du printemps; ils reviennent de temps en temps à la ca-bane, mais ils n’y séjournent plus : les mères y demeurent occu-pées à allaiter, à soigner, à élever leurs petits, qui sont en étatde les suivre au bout de quelques semaines; elle 3 vont à leur tourse promener, se rétablir à l’air, manger du poisson, des écrevisses,des écorces nouvelles, et passent ainsi l’été sur les eaux, dansles bois. Ils ne se rassemblent qu’en automne, à moins queles inondations n’aient renversé leur digue ou détruit leurs ca-banes ; car alors ils se réunissent de bonne heure pour en réparerles brèches.

U y a des lieux qu’ils habitent de préférence, où Ton a vuqu’après avoir détruit plusieurs fois leurs travaux, ils venoienttous les étés pour les réédifier, jusqu’à ce qu’en fin fatigués decette persécution, et affaiblis par la perte de plusieurs d’entre eux,ils ont pris le parti de changer de demeure et de se retirer au loindans les solitudes les plus profondes. C’est principalement en hi-ver que le* chasseurs les cherchent, parce que leur fourrure n’est