î66 HISTOIRE NATURELLE
qui caractérisent cette espèce. 3VI. Brooke, chirurgien dans le Ma-îyland, a assuré à M. Edwards que les femelles éloient privéesde ces appendices, et qu’elles n’avoient pas les couleurs du plu-mage aussi brillantes que les mâles. Le jaseur de Cayenne que j’aiobservé, n’avoit pas en effet ces mêmes appendices, et j’ai aussiremarqué quelques légères différences dans son plumage, dont lescouleurs étoient un peu moins vives, comme c’est l’ordinaire dansles femelles.
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LE GROS-BEC 1 * 3 .
(p/. 41, j>g. 1.)
Le gros-bec * est un oiseau qui appartient à notre climat tem-péré , depuis l’Espagne et l'Italie , jusqu’en Suède . L’espèce, quoi-que assez sédentaire, n’est pas nombreuse. On voit toute Tannéecet oiseau dans quelques-unes de nos provinces de France , où ilne disparoît que pour très-peu de temps pendant les hivers lesplus rudes 5 ; Tété, il habite ordinairement les bois, quelquefoisles vergers , et vient autour des hameaux et des fermes en hiver.C’est un animal silencieux, dont on entend très-rarement lavoix, et qui n’a ni chant ni même aucun ramage décidé 4 . Iisemble qu’il n'ait pas l’organe de l'ouïe aussi parfait que les autres
1 Le gros-bec , ainsi nommé parce que son bec est plus gros que son corps nepnroît le comporter. On l'appelle aussi pinson à gros bec , et mangeur denoyaux.
1 99> le mâle; n°. 100 , la femelle.
3 On auroit peine à concilier cette observation, dont je crois être sûr, avec ceque disent les auteurs de la Zoologie britannique , qu'on le voit rarement en An-gleterre , et qu’il n’y paroît jamais qu'en hiver, à moins de supposer que , commeil y a peu de bois en Angleterre, il y a aussi très-peu de ces oiseaux, qui ne seplaisent que dans les bois, et que., comme ils n’approchent des lieux habités quependant l’hiver, les obser\ a leurs n’en auront vu que dans cette saison.
4 M. Salcrne dit que cct oiseau ne chante pas d’une manière désagréable ; et unpeu plus bas il ajoute que Belon a raison de dire qu'on le garde rarement en cage,parce qu’il ne dit mot, ou qn’il chante mal. Il faut écriie avec bien peu de soinpour dire ainsi deux choses contradictoires dans la meme page. Ce que je puis dire
moi-même, c est que je n'ai jamais entendu chanter ou siffler aucuu de ces oiseaux,que j ai gardés long-temps dans des volières, et que le» gens les plus accoutumésà fréquenter les bois m’ont assuré n'avoir que rarement entendu leur voix. Le mâle1 a néanmoins plus forte et plus fréquente que la femelle, qui ne rend qu’un souunique, un peu traîné et enroué, qu'elle répète de temps en temps.