5o4 HISTOIRE NATURELLE
Li locustelle 11 e diffère de l’alouette pipi, ni par son éperon, 1ni par ses allures, ni par son chant, qui ressemble par consé-quent à celui d’une cigale ; et c’est par cette raison que je luiai conservé le nom de locustelle que lui a 'donné Willughby.Quant au plumage, elle a la tète et le dessus du corps d’un brunjaunâtre, avec des taches obscures; les pennes des ailes brunes,bordées de jaune; celles de la queue, d’un brun foncé; des espècesde sourcils blanchâtres; et le dessous du corps d’un blanc teintéde jaune.
LA SPIPOLETTE.
«T'adopte ce nom que l'on donne à Florence à l’oiseau dont ils’agit ici. Il est un peu plus gros que la farlouse , et se tientdans les friches et les bruyères. II a le doigt postérieur fort long ,comme l'alouette ; mais son corps est plus effilé, et il diffère en-core de celte dernière par le mouvement de sa queue, semblableà celui de la lavandière et de la farlouse. Ces oiseaux se plaisentdans les bruyères, les friches, et surtout dans les éteules d’a-voine, peu après la moisson; ils s’y rassemblent en troupes asseznombreuses.
Au printemps, le mâle se perche pour rappeler ou découvrirsa femelle; quelquefois même il s’élève en l’air en chantant detoutes ses forces, puis revient bien vite se poser à terre, où esttoujours le rendez-vous.
Lorsqu’on approche du nid, la mère se trahit bientôt p>ar sescris; en quoi son instinct paroit différer de celui des autresalouettes, qui, lorsqu’elles craignent quelque danger, se taisentet demeurent immobiles.
M. Willughby a vu un nid de spipolette sur un genêt épineux,fort près de terre, composé de mousse en dehors, et en dedans depaille et de crin de cheval.
On est assez curieux d’élever les jeunes mâles, à cause de leurramage ; mais cela demande des précautions. Il faut au commen-cement couvrir leur cage d’une étoffe verte , ne leur laisser quepeu de jour, etleur prodiguer les œufs de fourmis. Lorsqu’ils sontaccoutumés à manger et à boire dans leur prison, on peut dimi-nuer par degrés la quantité des oeufs de fourmis, y substituant