DU COU-JAUNF. ô(î 5
férence, soit que la température de ces lieux luiconviennedavan-tage, soit que, plus éloignés du bruit, ils soient plus propres à savie chantante: on le voit voltiger de branche en branche, d’arbreen arbre, et tout en traversant les airs il fait entendre son ra-mage; il chasse aux papillons, aux mouches, aux chenilles, etcependant il entame, dans la saison , les fruits du goyavier , dusucrin', etc., apparemment pour chercher dans l’intérieur deces fruits les vers qui s’y engendrent, lorsqu’ils atteignent uncertain degré de maturité. Il ne paroîl pas qu’il.voyage, ni qu’ilsorte de l’île de Saint-Domingue ; son vol, quoique rapide, n’estpas assez élevé, assez soutenu , pour passer les mers, et on peutavec raison le regarder comme indigène dans celte contrée.
Cet oiseau, déjà très-intéressant par la beauté et la sensibilitéque sa voix exprime, 11e l’est pas moins par sou intelligence et lasagacité avec laquelle on lui voit construire et disposer son nid ■il ne le place pas sur les arbres, à la bifurcation des branches,comme il est ordinaire aux autres oiseaux ; il le suspend à deslianes pendantes de l’entrelas qu’elles forment d’arbre en arbre ,surtout à celles cpii tombent des branches avancées sur les rivièresou les ravines profondes; il attache, ou, pour mieux dire, en-lace avec la liane le nid, composé de brins d'herbe sèche, defibrilles de feuilles, de petites racines fort minces, tissu es avecle plus grand art; c’est proprement un petit matelas roulé enboule, assez épais et assez bien tissu partout pour nelre pointpercé par la pluie; et ce matelas roulé est attaché au bout du cor-don flottant de la liane, et bercé au gré des vents, sans en rece-voir d’atteinte.
Mais ce seroit peu pour la prévoyance de cet oiseau de s’êtremis à l’abri de l’injure des élémens, dans des lieux où il a tantd’autres ennemis; aussi semble-t-il employer une industrie réflé-chie pour garantir sa famille de leurs attaques : son nid, au lieud’être ouvert par le liant ou dans le flanc, a son ouverture placéeau plus bas; l’oiseau y entre un montant, et il n’y a précisémentque ce qu’il lui faut de passage pour parvenir à l’intérieur où estla nichée, qui est séparée de celte espèce de corridor par une cloi-son qu’il faut surmonter pour descendre dans le domicile de lafamille; il est rond et tapissé mollement d’une sorte de lichen quicroit sur les arbres, ou bien de la soie de l’herbe nommée parles Espagnols, mort à cabaye.
Par cette disposition industrieuse, le rat, l’oiseau de proie nila couleuvre ne peuvent avoir d’accès dans le nid, et la couvée