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Tome dixième.
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578 HISTOIRE NATURELLE

en entier, mais semble même lui rendre importune ioute aulrôcompagnie. Il poursuit avec vivacité tous les oiseaux de son es-pèce, et les éloigne du petit canton quil sest choisi; jamais lemême buisson ne logea deux paires de ces oiseaux aussi fidèlesquamoureux.

Le rouge-gorge cherche lombrage épais et lesendroils humides.Il se nourrit dans le printemps de vermisseaux et dinsectes qu ilchasse avec adresse et légèreté : on le voit voltiger comme un p a "'pillon autour dune feuille sur laquelle il aperçoit une moucheà terre, il sélance par petits sauts et fond sur sa proie en battantdes ailes. Dans lautomne il mange aussi des fruits de ronces, dt ' 9raisins à son passage dans les vignes, et des alises dans les bois ;ce qui le fait donner aux pièges tendus pour les grives , qu° namorce de ces petits fruits sauvages. Il va souvent aux fontaine 9 >soit pour sy baigner, soit pour boire, et plus souvent dans lait'tomne, parce quil est alors plus gras quen aucune autre saison >et quil a plus besoin de rafraîchissement.

11 nest pas doiseau plus matinal que celui-ci. Le rouge-gorg eest le premier éveillé dans les bois , et se fait entendre dès ]aub edu jour : il est aussi le dernier quon y entende et quon y vo' evoltiger le soir ; souvent il se prend dans les tendues, quà peii* ereste-t-il encore assez de jour pour le ramasser. Il est peu déliant»facile à émouvoir, et son inquiétude, ou sa curiosité, fait qo ^donne aisément dans tous les pièges ; cest toujours le prcm ieloiseau quon prend à la pipée : la voix seule des pipeurs, ou le brudquils font en taillant des branches, lattire, et il vient derrh 1 ' 6eux se prendre à la sauterelle ou au gluau presque aussitôt qu oIJla posé ; il répond également à lappeau de la chouette et au 9011dune feuille de lierre percée *. Il suffit même d'imiter, en 6l1 'çant le doigt, son petit cri uîp, uîp, ou de faire crier quel'que oiseau, pour mettre en mouvement tous les rouge-g 01!»^des environs ; ils viennent, en faisant entendre de loin leur cïltirit, tiritit, tiricitit, dun timbre sonore , qui nest point h ul 'chant modulé , mais celui quils font le matin et le soir , et da > 19toute occasion ils sont émus par quelque objet nouveau 1voltigent avec agitation dans toute la pipée j usquà ce quils soieUarrêtés parles gluaux sur quelques-unes des avenues ou percli ees jquon a taillées basses exprès pour les mettre à portée de leur ' ^ordinaire, qui ne sélève guère au-dessus de quatre ou cinq P ,et

1 Ce que les pipeurs appellent froûct.