ne l’a voit ouï chanter qu’en automne, temps auquel il n’a queson petit ramage, et non l’accent brillant et affectueux du grandchant des amours, vante pourtant la beauté de sa voix en la com-parant à celle du rossignol. Lui-même, comme il paroît par sonrécit, a cru que le rouge-gorge éloit le même oiseau que le ros-signol de muraille; mais, mieux instruit ensuite, il les distinguapar leurs habitudes aussi-bien que par leurs couleurs. Celles durouge-gorge sont très-simples : un manteau du même brun que ledos de la grive lui couvre tout le dessus du dos et de la tète; l’es-tomac et le ventre sont blancs; le roux orangé de la poitrine estmoins vif dans la femelle que dans le mâle; ils ont les yeux noirs,grands et même expressifs, et le regard doux; le bec est foible etdélié, tel que celui de tous les oiseaux qui vivent principalementdinsectes; le tarse, très-menu, est d’un brun clair, ainsi que ledessus des doigts , qui sont d’un jaune pâle par-dessous. L’oiseauadulte a cinq pouces neuf lignes de longueur, et huit pouces deVol ; le tube intestinal est long d’environ neuf pouces ; le gésier ,qui est musculeux, est précédé d’une dilatation de l’oesophage ;le cæcum est très-petit, et quelquefois nul dans certains individus.En automne, ces oiseaux sont très-gras : leur chair est d’un goûtplus fin que celui de la meilleure grive, dont elle a le fumet, senourrissant des mêmes fruits, et surtout des alises.
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LA GORGE-BLEUE * *.
Par. la proportion des formes , par la grandeur et la figure en-tière, la gorge-bleue * semble netre qu’une répétition du rouge-gorge ; elle n’en diffère que par le bleu brillan t et azuré qui couvresa gorge, au lieu que celle de l’autre est d’un rouge orangé: i[paroit'même que la Nature ait voulu démontrer l’analogie entre°es deux oiseaux jusque dans leurs différences ; car, au-dessous decette plaque bleue, on voit un cintre noir et une zone d’un rouge°rangé, qui surmonte le haut de la poitrine ; cette couleur oran-gée reparoit encore sur la première moitié des pennes latérales deia queue : de l’angle du bec passe par l’oeil un trait de blanc rous-