5a HISTOIRE NATURELLE
le besoin, puisqu’elles se la permettent lors même qu’elle leur estinutile; par exemple, dans une volière où elles ont en abondancelu nourriture qui leur convient. Pendant Tété, elles mangent,outre les amandes, les noix, les insectes, etc., toutes sortes deroyaux , des châtaignes, de la faine, des figues, du chènevis,du panis et autres menues graines ’. On a remarqué que celle»que Ton lient en cage sont avides de sang, de viande gâtée, degraisse rance et de suif fondu, ou plutôt brûlé par la flammede la chandelle ; il semble que leur goût seidéprave dans l’état dedomesticité.
En général, toutesles mésanges, quoiqu’un peu féroces, aimentla société de leurs semblables, et vont par troupes plus ou moinsnombreuses. Lorsqu’elles ont été séparées par quelque accident,elles se rappellent mutuellement et sont bientôt réunies; cepen-dant elles semblent craindre de s’approcher de trop près : sansdoute que, jugeant des dispositions de leurs semblables parlesleurs propres , elles sentent quelles ne doivent pas s'y fier; telleest la société des médians. Elles se livrent avec moins de défianceà des unions plus intimes qui se renouvellent chaque année auprintemps, et dont le produit esL considérable ; car c’est le propredes mésanges d'être plus fécondes qu’aucun autre genre d’oi-seaux *, et plus qu’en raison de leur petite taille. On seroit portéà croire qu’il entre clans leur organisation une plus grande quan-tité de matière vivante, et que Ton doit attribuer à celte sura-bondance de vie leur grande fécondité, commeaussi leur activité,leur force et leur courage- Aucun autre oiseau n’attaque la chouetteplus hardiment; elles s’élancent toujours les premières, et cher-chent à lui crever les yeux. Leur action est accompagnée d'unrenflement de plumes, d’une succession rapide d’attitudes vio-lentes et de mouvemens précipités, qui expriment avec énergieleur acharnement et leur petite fureur. Lorsqu’elles se sententprises, elles mordent vivement les doigts de l’oiseleur, les frappentà coups de hcc red ouhlés , et rappellent à grands cris les oiseauxde leur espèce, qui accourent en foule , se prennent à leur tour,et en font venir d’autres qui se prendront de même. Aussi M. Lot-
1 Quelques-uns prétendent que les mésanges ne digèrent ni la navette ni lemillet, fassent-ils ramollis par la cuisson. Cependant M. le vicomte de Querboent,qui a élevé de ces oiseaux, assure qu’il ne les nourrissoit qu’avec du ebènevis etdu mil.
a Cela est si connu en Angleterre , qu’il a passé en usage de donner le nom d*piésange à toute femme qui est a la fois très-petite et très-fécoude.