DES IIUPPES, PROMEROES, ET GUEPIERS. 535On ne les élève que difficilement, quoique Pison dise le con-traire. Comme ils vivent d’insectes, il n’est pas aisé de leur enchoisir à leur gré. On ne peut nourrir ceux que l’on prend vieux;ils sont tristement craintifs, et refusent constamment de prendrela nourriture. C’est d'ailleurs un oiseau sauvage très-solitaire, etqu’on ne trouve que dans la profondeur des forêts : il ne va ni entroupes ni par paires : on le voit presque toujours seul à terre,ou sur des branches peu élevées; car il n’a, pour ainsi dire, pointde vol; il ne fait que sauter vivement, et toujours prononçantbrusquement houlou. Il est éveillé de grand matin, et fait en-tendre cette voix hou tua, avant que les autres oiseaux ne com-mencent leur ramage. Pison a été mal informé lorsqu’il a dit quecet oiseau faisoit son nid au-dessus des grands arbres : non-seule-ment il n’y fait pas son nid , mais il n’y monte jamais; il se con-tente de chercher à la surface de la terre quelque trou de tatousd’acouchis ou d'autres petits animaux quadrupèdes, dans lequelil porte quelques brins d’herbes sèches pour y déposer ses œufs ,qui sont ordinairement au noinbrede deux. Au reste,ces oiseauxsont assez communs dans l’intérieur des terres de la Guiane; maisils fréquentent très-rarement les environs des habitations. Ueurchair est sèche, et n’est pas trop bonne à manger. Pison s’est en-core trompé en disant que ces oiseaux se nourrissent de fruits;et comme c’est la troisième méprise qu’il a faite au sujet de leurshabitudes naturelles , il y a grande apparence qu’il a appliqué lesfaits historiques d’un autre oiseau à celui-ci, dont il n a donné ladescription que d’après Marcgrave, et que probablement il neconnoissoit pas ; car il est certain que le lioutou est le même oiseauque le guira-guainumbi de Marcgrave, qu’il ne s’apprivoise pas aisé-ment,qu’il n’est pas bon à manger, etqu’enfîu il ne se perche ni neniche au-dessus des arbres, ni ne se nourrit de fruits , comme ledit Pison.
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LES HUPPES,
LES PROMEROPS ET LES GUÊPIERS.
O il est vrai que la comparaison soit le véritable instrument dela connoissance, c’est principalement lorsqu’il s’agit d’objets «piiont plusieurs qualités communes, et qui se ressemblent à beau-