lo
HISTOIRE NATURELLE
de ces oiseaux se poser, voyager et dormir sur des glaces flottantescomme sur la terre ferme; quelques-uns même y nichent avecsuccès. Que pourvoit en effet leur offrir de plus un sol toujoursgelé, et qui n’est ni plus solide ni moins froid que ces montagnesde glace?
Ce dernier fait démontre que les oiseaux d’eau sontles dernierset les plus reculés des liabitans du globe, dont ils connoissentmieux que nous les régions polaires : ils s’avancent jusque dansles terres où l’ours blanc ne paraît plus, et sur les mers que les pho-ques, les morses etlesautres amphibies ont abandonnées; ils y sé-journent avec plaisir pendant toute la saison des très-longs joursde ces climats , et ne les quittent qu’a près l'équinoxe de l’automne,lorsque la nuit anticipant à grands pas sur la lumière du jour,bientôt l'anéantit et répand un voile continu de ténèbres, quifait fui r ces oiseaux vers les contrées qui jouissent de quelquesheures de jour; ils nous arrivent ainsi pendant l’hiver, et retour-nent à leurs glaces, en suivant la marche du soleil avant l'équi-noxe du printemps.
LA CIGOGNE \
vient de voir qu'entre les oiseaux terrestres qui peuplentles campagnes , et les oiseaux navigateurs à pieds palmés, qui re-posent sur les eaux,on trouve la grande tribu des oiseaux de ri-vage, dont le pied sans membranes, ne pouvant avoir un appuisur les eaux, doit encore porter sur la terre, et dont le long becenté sur un long cou s'étend en avant pour chercher la pâturesous l'élément liquide. Dans les nombreuses familles de ce peu-ple amphibie des rivages de la mer et des fleuves, celle de la ci-gogne , n*. 866 , plus connue , plus célébrée qu'aucune autre , seprésente la première. Elle est composée de deux espèces, qui nediffèrent que par la couleur; car du reste il semble que, sous lamême forme et d’après le mime dessin , la Nature ait produit