DF. LA CIG O O A F. i3
Alsace , et l’on dispose en Hollande pour cela des caisses carréesaux faîtes des édifices
Dans l’attitude du repos, la cigogne se tient sur un pied, lecou replié , la tète en arrière et couchée sur l’épaule ; elle guetteles mouvemens de quelques reptiles, quelle fixe d’un œil per-çant : les grenouilles, les lézards, les couleuvres et les petits pois-sons, sont la proie qu’elle va cherchant dans les marais, ou sur lesbords des eaux, ou dans les vallées humides.
Elle marche , comme la grue, en jetant le pied en avant pargrands pas mesurés ; lorsqu’elle s’irrite ou s’inquiète, et mêmequand l'amour l’agite, elle fait claqueter son bec d’un bruit ses<>t réitéré , que les anciens avoient rendu par des mots imitatifs,crépitât, glotterat , et que Pétrone exprime fort bien en l’appe-lant un bruit de crotales ■*: elle renverse alors la tète, de ma-nière que la mandibule extérieure se trouve en haut, et que le becest couché presque parallèlement sur le dos. C’est dans cette situa-tion que les deux mandibules battent vivement l’une contrel’autre; mais , à mesure qu’elle redresse le cou, le claquement seralentit, et finit lorsqu’il a repris sa position naturelle. Au reste,ce bruit est le seul que la cigogne fasse entendre, et c’est appa-remment de ce quelle paraît muette que les anciens avoient penséquelle n’a voit point de langue. Il est vrai que cette langue estcourte et cachée à l’entrée du gosier, comme dans toutes les espa-ces d’oiseaux à long bec, qui ont aussi une manière .larticulièred’avaler en jetant les alimens, par un certain tour de bec, jus-que dans la gorge. Aristote fait une autre remarque au sujet de cesoiseaux à cou et bec très-longs; c’est qu’ils rendent tous unedieu te plus liquide que celle des autres oiseaux.
La cigogne ne pond pas au-delà de quatre œufs, et souventpas plus de deux, d’un blanc sale et jaunâtre, un peu moins gros,fnais plus allongés que ceux de l’oie ; le mâle les couve dans letemps que la femelle va chercher sa pâture. Les œufs éclosent aubout d’un mois ; le père et la mère redoublent alors d’activité
i Lady Montagne, dans ses lettres, n°. 32 , dit qu’à Constantinople les cigognesnichent par terre dans les rues. Si elle ne s’est pas trompée sur l’espèce de ces oi-seaux , il faut que la sauve-garde dont jouit la cigogne en Turquie l’ait singuliè-rement enhardie \ car, dans uos contrées, les points de position qu’elle préféré sonttoujours les plus inaccessibles, qui dominent tout ce qui environne, et ne permet-tent pas de voir dans son nid.
*■ CiQlauîtfia i épithète dqirnée déjà da^s Fyblius Syrus, à la cigogne.