i58 HISTOIRE NATURELLE
« ment dilaté clans le teni[>s des amours. On peut de là con-« cevoir rjuelle doit être son ardeur guerrière, puisqu’elle est« produite par son ardeur amoureuse , et qu’elle s’exerce contrecc ses rivaux. J'ai souvent suivi ces oiseaux dans nos marais ( decc basse Picardie ), où ils arrivent au mois d’avril avec les clieva-« liers, maisen moindre nombre. Leur premier soin est de s’ap-« parier, ou plutôt de se disputer les femelles. Celles-ci, par de« petits cris, enllaimnent l'ardeur des combaltans. Souvent la“ lutte est longue, et quelquefois sanglante. Le vaincu prend la«t fuite; mais le cri de la première femelle qu’il entend , lui fait« oublier sa défaite, prêt à entrer en lice de nouveau si quelqueo antagoniste se présente. Celte petite guerre se renouvelle tous« les jours le matin et le soir, jusqu’au départ de cts oiseaux,cc qui a beu clans le courant de mai; car il ne nous reste quecc quelques traîneurs, et l’on n'a jamais trouvé de leurs nids dans« nos marais. »
C.et observateur exact et très-instruit remarque qu’ils partentde Picardie par les vents de sud et sud-est, cpii les portent surles côtes d Angleterre, où en effet on sait cpi’ils nichent en très-grand nombre , particulièrement dans le comté de Lincoln; ony en fait même une petite chasse. L’oiseleur saisit l'instant où cesoiseaux se battent pour leur jeter son filet, et on est dans l’usagede les engraisser en les nourrissant avec du lait et de la mie depain : mais on est obligé, pour les rendre tranquilles, de les te-nir renfermés dans des endroits obscurs; car aussitôt cpi’ils voientla lumière, ds se battent. Ainsi l’esclavage ne peut rien diminuerde leur humeur guerrière. Dans les volières où on les renferme, ilsvont présenter le défi à tous les autres oiseaux 1 ; s’il est un coinde gazon vert, ils se battent à qui l’occupera; et, comme s’ils sepiquoient de gloire, ils ne se montrent jamais plus animés cpiequand il y a des spectateurs. La crinière des mâles est non-seule-ment pour eux un parement de guerre, mais une sorte d’armure,un vrai plastron, qui peut parer les coups; les plumes en sontlongues, fortes et serrées : ils les hérissent d’une manière mena-
i Ï1 y a a la Chine des oiseaux qu'on nomma oiseaux de combat , et que lesChinois nourrissent, non pour chanter, mais pour donner le spectacle de petitscombats qu'ils sc livrent avec acharnement. Il n’y a pas pourtant d'apparence quece soient ici nos combaltans, puisque ces oijCftUX chinois ne sont pas, dit-ODjplus gros que des linots.