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Tome douzième.
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DE LIBIS.

les premiers motifs. Comment l'homme en effet a-t-il pu sabaisserjusquà l'adoration des bêtes? Y a-t-il une preuve plus évidentede notre état de misère dans ces premiers âges les espècesnuisibles, trop puissantes et trop nombreuses, entouroient l'hom-me solitaire, isolé , dénué darmes et dos arts nécessaires à lexer-cice de ses forces ? Ces mêmes animaux , devenus depuis sesesclaves, étoienl alors ses maîtres, ou du moins des rivaux rsckui- ,tables ; la crainte et lintérêt firent donc naître (V' îS sentimensabjects et des pensées absurdes, et bientôt la supei^blion, recueil-lant les unes et les autres, fit également des dieuVt de tout êtreutile ou nuisible. V

LEgypte est lune des contrées ce culte des animaux sestétabli le plus anciennement, et sest conservé , observé le jîivs -scrupuleusement pendant un grand nombre de siècles ; et cerespect religieux, qui nous est attesté par tous les monumens ,semble nous indiquer que, dans cette contrée, les hommes ontlutté très-long-teinps contre les espèces malfaisantes.

En effet, les crocodiles, les serpens , les sauterelles et tous lesautres animaux immondes , renaissoient à chaque instant, etpulluloient sans nombre sur le vaste limon dune terre basse,profondément humide et périodiquement abreuvée par les épan-chemens du fleuve; et ce limon fangeux , fermentant sous lesardeurs du tropique, dut soutenir long - temps et multiplier àlinfini toutes ces générations impures, informes, qui nont cédéla terre à des habitans plus nobles que quand elle sest épurée.

Des essaims de petits serpens venimeux , nous disent les pre-miers historiens , et sortis de la vase échauffée des marécages , etvolant en grandes troupes , eussent causé la ruine de lEgypte ,si les ibis ne fussent venus à leur rencontre pour les combattreet les détruire. Ny a-t-il pas toute apparence que ce service,aussi grand quinattendu, fut le fondement de la superstition,qui supposa dans ces oiseaux tutélaires quelque chose de divin 7Les prêtres accréditèrent celte opinion du peuple ; ils assurèrentque les dieux , sils daignoient se manifester sous une forme sen-sible, prendroient la figure de libis. Déjà, dans la grande mêlâ-

tes tangues de l'Europe , comme inconnu a ces climats. Selon Albert, il se nom-moit en égyptien ielieras. On trouve dans Avicenne le mot anschuz pour signi-lier Vibis ; mais saint Jérome traduit mat janschuph par ibis , puisqu il sagit ladun oiseau de nuit. Quelques interprètes rendent par ibis le mot liébrcu tins-shetnet.