352 HISTOIRE NATURELLE
planche peinte de quelques figures de poissons, pour que ces oi-seaux viennent se briser contre : mais ces portraits de poissonsdévoient donc être aussi parfaits que ceux des raisins de Parrlia-sius !
Les goélands et les mouettes ont également le hec tranchant,allongé, aplati par les côtés, avec la pointe renforcée et recour-bée en croc, et un angle saillant à la mandibule inférieure. Cescaractères, plus apparens et plus prononcés dans les goélands, semarquent néanmoins dans toutes les espèces de mouettes; c’estmême ce qui les sépare des hirondelles de mer, qui n’ont ni lecroc à la partie supérieure du hec, ni la saillie à l’inférieure, sanscompter que les plus grandes hirondelles de mer le sont moinsque les plus petites mouettes. De plus, les mouettes n’ont pas laqueue fourchue, mais pleine : leur jamhe, ou plutôt leur tarse,est fort élevé; et même les goélands et les mouettes seraient detous les oiseaux à pieds palmés les plus hauts de jambes , si leRanimant, l’avocette et Péchasse , ne les avoient encore plus lon-gues, et si démesurées, qu’ils sont à cet égard des espèces demonstres.Tous les goélands et mouettes ont les trois doigts enga-gés par une palme pleine, et le doigt de derrière dégagé, mais très-petit. Leur tête est grosse; ils la portent mal et presque entreles épaules, soit qu’ils marchent ou qu’ils soient en repos. Ilscourent assez vite sur les rivages, et volent encore mieux au-dessus des flots ; leurs longues ailes, qui, lorsqu’elles sont pliées,dépassent la queue, et la quantité de plumes dont leur corps estgarni, le? rendent très-légers. Ils sont aussi fournis d’un duvetfort épais *, qui est d’une couleur bleuâtre, surtout à l’estomac :ils naissent avec ce duvet ; mais les autres plumes ne croissent quetard, et ils n’acquièrent complètement leurs couleurs, c’est-à-dire, le beau blanc sur le corps, et du noir ou gris bleuâtre surle manteau, qu’après avoir passé par plusieurs mues, et dansleur troisième année. Oppien paroit avoir eu connoissance de ceprogrès de couleurs, lorsqu’il dit qu’en vieillissant ces oiseauxdeviennent bleus.
lisse tiennent en troupes sur les rivages de la mèr; souvent
1 Àldrovandc prétend qu’en Hollande on fait beaucoup d’usage du duvet demouettes $ mais il est difficile de croire ce qu’il ajoute, savoir, que ce duvet serende eu pleine luuc , par une correspondance sympathique avec l'état de la mer,dont le flux est alors le plus enflé.