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fontaine de feu liquide qui s’éleva àplusieurs pieds de hauteur, la terretremblait, et il tombait une grêle depierres ponces. En un instant, desnuages de fumée noire et de cendrescausèrent une obscurité presque totale,les explosions ressemblaient au ton-nerre le plus violent, et l’odeur de sou-fre était excessivement forte. En unpeu moins de deux heures, la lave avai tdéjà couvert trois milles de chemin ;elle avait cependant près d’une lieuede largeur, sur 70 pieds d’épaisseur.Le roi et la cour furent obligés de quit-ter Porlici; dans le moment où le dé-part s’effectua, le bruit était déjà consi-dérablement augmenté, et lapercussionde l’air tellement violente , que non-seulement des portes et des fenêtresdans le palais en furent enfoncées, maisencore une porte fermée à clef s’ouvritavec fracas. Les mêmes accidens eurentlieu àNaples. Outre ces explosions très-fréquentes , on entendit dans la nuitun bruit souterrain et violent qui duracinq heures ; peut-être éLait-il causépar la lave qui avait rencontré quel-ques dépôts d’eau de pluie dans les en-trailles de la montagne, et le combatentre ces deux élémens, produisaitces sifflemens et ces bruits extraordi-naires.
On ne saurait donner une idée de laconfusion de cette nuit dans Naples .La retraite précipitée du roi vint en-core augmenter les alarmes. Toutes leséglises furent ouvertes et remplies demonde ; on ne rencontrait que proces-sions dans les rues. Le lendemain 20, ilfut impossible déjuger de l’état du Vé suve , à cause des cendres et de la fuméequi le dérobaient aux yeux. Le soleilavait la même teinte que lorsqu’on leregarde à travers un verre noirci ; ilplut des cendres toute la journée.
Le 21 fut plus tranquille, mais le
laves coulaient toujours avec vivacité.Porlici fut alors dans un danger véri-table, la lave n’en étant éloignée qued’un mille et demi ; heureusement ellechangea de direction, et, vers la nuit,elle se ralentit.
Le 22, le bruit recommença maisavec encore plus de violence ; ons’attendait à chaque instant à quel-que événement sinistre. Les cendrespleuvaient dans Naples en si grandeabondance, que l’on fut obligé de seservir de parapluies. Les toits des mai-sons elles balcons en furent couverts ,ainsi que des vaisseaux à vingt lieuesen mer. Le 24, tout cessa.
Cette éruption fut courte, mais vio-lente; la lave tomba dans le chemincreux de fosso grande , et, quoiquece chemin n’eût pas moins de 200 piedsde profondeur et 100 de largeur, il futcomblé en cet endroit. « Je n’auraisjamais cru, ajoute sir Hamilton, qu’unesi grande quantité de matières eût puse répandre en aussi peu de temps , sije n’en avais été témoin. »
Le jour suivant, il n’y eut qu’unegrande quantité d’éclairs qui s’échap-paient d’une colonne de fumée noire,et qui étaient accompagnés de ton-nerres. On vit aussi une autre espèce demétéore qui ressemblait à ce qu’onappelle des étoiles tombantes, et l’onremarqua que les cendres qui se ré-pandirent dans la dernière journée,étaient presque aussi blanches que laneige.
Si, de 1767 à 1779, le Vésuve nese reposa pas, du moins n’offrit-il riende remarquable jusques au mois dejuillet que commencèrent à se mani-fester les premiers symptômes d’uneéruption très-forte. Denon l’ayant dé-crite comme témoin oculaire, je necrois pouvoir mieux faire que de don-