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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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LITALIE .

fontaine de feu liquide qui séleva àplusieurs pieds de hauteur, la terretremblait, et il tombait une grêle depierres ponces. En un instant, desnuages de fumée noire et de cendrescausèrent une obscurité presque totale,les explosions ressemblaient au ton-nerre le plus violent, et lodeur de sou-fre était excessivement forte. En unpeu moins de deux heures, la lave avai tdéjà couvert trois milles de chemin ;elle avait cependant près dune lieuede largeur, sur 70 pieds dépaisseur.Le roi et la cour furent obligés de quit-ter Porlici; dans le moment le dé-part seffectua, le bruit était déjà consi-dérablement augmenté, et lapercussionde lair tellement violente , que non-seulement des portes et des fenêtresdans le palais en furent enfoncées, maisencore une porte fermée à clef souvritavec fracas. Les mêmes accidens eurentlieu àNaples. Outre ces explosions très-fréquentes , on entendit dans la nuitun bruit souterrain et violent qui duracinq heures ; peut-être éLait-il causépar la lave qui avait rencontré quel-ques dépôts deau de pluie dans les en-trailles de la montagne, et le combatentre ces deux élémens, produisaitces sifflemens et ces bruits extraordi-naires.

On ne saurait donner une idée de laconfusion de cette nuit dans Naples .La retraite précipitée du roi vint en-core augmenter les alarmes. Toutes leséglises furent ouvertes et remplies demonde ; on ne rencontrait que proces-sions dans les rues. Le lendemain 20, ilfut impossible déjuger de létat du Vé­ suve , à cause des cendres et de la fuméequi le dérobaient aux yeux. Le soleilavait la même teinte que lorsquon leregarde à travers un verre noirci ; ilplut des cendres toute la journée.

Le 21 fut plus tranquille, mais le

laves coulaient toujours avec vivacité.Porlici fut alors dans un danger véri-table, la lave nen étant éloignée quedun mille et demi ; heureusement ellechangea de direction, et, vers la nuit,elle se ralentit.

Le 22, le bruit recommença maisavec encore plus de violence ; onsattendait à chaque instant à quel-que événement sinistre. Les cendrespleuvaient dans Naples en si grandeabondance, que lon fut obligé de seservir de parapluies. Les toits des mai-sons elles balcons en furent couverts ,ainsi que des vaisseaux à vingt lieuesen mer. Le 24, tout cessa.

Cette éruption fut courte, mais vio-lente; la lave tomba dans le chemincreux de fosso grande , et, quoiquece chemin neût pas moins de 200 piedsde profondeur et 100 de largeur, il futcomblé en cet endroit. « Je nauraisjamais cru, ajoute sir Hamilton, quunesi grande quantité de matières eût puse répandre en aussi peu de temps , sije nen avais été témoin. »

Le jour suivant, il ny eut quunegrande quantité déclairs qui séchap-paient dune colonne de fumée noire,et qui étaient accompagnés de ton-nerres. On vit aussi une autre espèce demétéore qui ressemblait à ce quonappelle des étoiles tombantes, et lonremarqua que les cendres qui se ré-pandirent dans la dernière journée,étaient presque aussi blanches que laneige.

Si, de 1767 à 1779, le Vésuve nese reposa pas, du moins noffrit-il riende remarquable jusques au mois dejuillet que commencèrent à se mani-fester les premiers symptômes duneéruption très-forte. Denon layant dé-crite comme témoin oculaire, je necrois pouvoir mieux faire que de don-