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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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NAPLES .

Il pleut ce malin , la pluie tombe àlarges gouttes, des éclairs sillonnentles cieux et un bruit effrayant retentitimplacable, incessant ; ilfautprofiterdecette journée pour mettre en ordre mesobservations. Ce pays, célèbre pour lapureté de son ciel, est peut-être celuide lEurope la terre reçoit le plusdeau pluviale. Il est vrai que cela nalieu que dans une saison, et que desjournées comme celles-ci sont rares enété; ici,et dans les environs, jamais debrouillards, de ciel couvert; des moisde soleil ou des mois de pluie, maispluie du tropique ; leau ne venant ja-mais que par grands orages, accompa-gnés de violons coups de tonnerre, quela raréfaction de lair, et surtout la ré-percussion des montagnes, rendent en-core plus terribles par leur retentisse-ment prolongé. Lorsque le ciel ouvreses cataractes, on se croit menacédun second déluge universel; à Paris cette eau- mettrait deux mois àtomber, ici cest laffaire de quelquesheures. Après , la longue série debeaux jours recommence, et il en ré-sulte quaucune construction nest faitepour le mauvais temps, et quon nevoit que des voitures découvertes, carle Napolitain, accoutumé à son beausoleil, se renferme soigneusement danssa maison les jours dorage ; ces grandesondées sont pourtant un bien pour laville, quelles nettoient, et cest sansdoute sur quoi lon compte, car jamaisle balai ne sy promène ! Il y a cepen-dant un officier du port, appel éPo/tw-lano, chargé de la police et du net-toyage des rues, charge dont il sacquit-

te fort mal, car elles sont très-sales ;malgré ce manque de propre, le climatest si beau, quil ny a jamais dépidé-mies. Les montagnes qui environnentla ville, et sur le versant desquelles sontbâties des rues en pentes, font que leseaux roulant en avalanche dans sa partiebasse, entraînent tout ce quelles ren-contrent sur leur passage ; il en estquelquefois résulté desaccidensgraves.

On ma conté quun officier, à la têtede sa compagnie, fut entraîné dans lé-gout qui se trouve vis-à-vis limmenseédifice appelé le Serciglio ; mais ce quidépasse toute croyance, cest laccidentaffreux arrivé en plein midi à une Fran-çaise, madame Comte ; elle était danssa voiture et revenait de Capoue lors-quelle fut surprise par un orage épou-vantable Parvenue à la descente deCapo di Chino, la roule est coupéepar une rue qui va à la mer, et qui, lesjours de grandes pluies, devient une es-pèce de torrent, à cause des eaux qui svprécipitent des montagnes de Capo diMonte et de Capo di Chino; son co-cher seffraie, et veut rétrograder; ellelui ordonne de passer outre ; alors celui-ci descend de son siège et abandonneles guides à madame Comte, qui, plustéméraire, veut braver le" danger; envain des cris et des gestes partent detoutes les croisées, elle nécoute queson fatal destin, et dirige sa voiture aumilieu du torrent elle périt, sansquon put lui donner lemoindre secours.Leau avait entraîné et chevaux et voi-ture , et ce ne fut que le lendemainque lon retrouva son cadavre.

* Les Napolitains, qui parlent toujours