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remarquables par la stérilité du sol,par sa couleur blanchâtre, et surtoutpar l’odeur des vapeurs sulfureusesqu’il exhale.
On se croit transporté tout à coupsur un autre globe ; ici rien ne ressem-ble au désordre des lieux les plus dé-serts , les plus sauvages, et rien nerappelle les beautés delà nature.
La Solfalara est le seul des volcansqui ont existé autrefois, et à différentesépoques dans les champs Phlégréens ,qui soit encore dans une sorte d’acti-vité; c’estle-Fo/w» Fulcani de Strabon .Sa forme est elliptique, elle a onze centspieds de long sur quatre-vingts delarge.On voit sur diflërens points ses va-peurs, poussées par l’action du feu, s’é-lever avec violence; c’est dans lesendroits où ces vapeurs sortent avec leplus de force que l’on place des tuilesou des briques pour recevoir le selammoniaque qui s’y sublime.
Ce sel est moins pur que celui qu’onramasse au Vésuve . Les crevasses paroù s’exhalent les vapeurs s’appellentfumarolles. De temps en temps onaperçoit des flocons de fumée quis’étendent et se dissipent dans l’air;on s’attend presque à voir un géniesortir de cette fumée, prendre gra-duellement une forme , et apparaîtreà vos regards. On trouve aussi sur lescollines qui entourentla Solfatara delàsélénite souvent cristallisée en aiguillesou en filets soyeux, que des personnespeu versées en minéralogie regardentcomme de l’alun de plume.
A la surprise occasionée par le ta-bleau extraordinaire et imprévu d’unesi grande confusion de toutes choses ,succède naturellement une sorte decrainte quand, en frappant du piedsur la croûte volcanique ou en jetantune pierre, comme nous le fîmes, dansune ouverture, on entend un reten-
tissement dont les vibrations indiquentles immenses profondeurs d’un goullredans lequel les matières sont entrete-nues en fusion par un feu lent, et quipourrait, en s’écroulant, engloutir lescurieux qui pèsent dessus.
Mais une chose bien rassurante , surlaquelle l’abbé appelle toute mon atten-tion, c’est la parfaite sécurité des ou-vriers qui travaillent àrécolter le soufreet à fabriquer l’alun.
En sortant de ce lieu, nous visi-tâmes l’ampliitliéâtre oucolysée, dé-signé sous le nom de Carceri, et donton ne voit que le quart; le reste estenterré et couvert de plantations. Il estaisé cependant d’en reconnaître les di-mensions. Dans une portion du corri-dor qui entoure l’arène, nous vîmes lesissues par lesquelles on montait sur lesgradins, et à droite sont plusieurs ca-ves , dont une est convertie en chapelleérigée à saint Janvier, sur la suppo-sition qu’il y a été renfermé avant desouffrirle martyre. Lesmurs de cet am-phithéâtre sont en ouvrage réticulaireet construits en laves et en briques. Ilpouvait contenir vingt-cinq mille spec-tateurs. Aujourd’hui le lierre et d’au-tres plantes parasites croissent avecactivité entre les crevasses de ses anti-ques murailles, situées autrefois dansle centre d’une ville opulente.
Après le colysée est la maison decampagne de Cicéron . Nous sommesen face de ces fameux portiques où ilcomposa ses questions académiques. Lapréférence qu’il accordait à cette re-traite sur celles de Cumes et de Pom-peï, les chefs-d’œuvre de sculpturegrecque dont il l’avait ornée, le nommême d’académie donné à cette longue
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galerie, construite sur le modèle desportiques de YAcademus d’Athènes ,rendent ces ruines d’autant plus res-pectables , qu’il est impossible de ne