POUZZOLE
triomphe fut complètement ridicule, ilentra dans Pouzzoles comme un conqué-rant dans une ville ennemie prise d’as-saut. Cette pompe, précédéedesacrificesofferts aux Dieux, et particulièrementà l’Envie, pour les consoler de sa gloire,fut suivie d’une nuit, pendant laquelleun grand nombre de feux brillèrent surtous lespoints du golfe,et semblèrent se-conder la puissance du triomphateur, enchassant les ténèbres, et en réunissantpour ainsi dire deux jours en un seul.
» L’espèce d’embrasement de la côtede Baïa , le tableau magique d’unbassin immense, transformé en uneplaine de feu sillonnée par des milliersde barques et de flambeaux , le mouve-ment tumultueux d’une armée sur lepont triomphal et sur la plage, l’airretentissant de toute part du son desinstrumens guerriers , n’étaient pasun spectacle suffisant pour la gloirede Caligula . A la suite d’un festinsomptueux, où il s’abandonna a la plusdégoûtante ivresse, il fit précipiterdans la mer ses amis, ainsi que les ma-gistrats investis des premières dignitésde l’empire, et prononça l’arrêt demort des citoyens romains dont lesrichesses pouvaient payer les frais deson épouvantable triomphe. »
Le vrai motif de Caligula avait étérévélé par ses courtisans intimes :c’était une prédiction de l’astrologueTlirasile, qui, voyant Tibère inquietsur son successeur, à cause du pen-chant qu’il avait pour son petit-fils vé-ritable, lui avait assuré que Caïus neserait pas plus empereur qu’on ne leverrait courir à cheval à travers le golfede Baïa.
Une inscription, trouvée dans lamer, et placée aujourd’hui au-dessusde la porte de la ville, atteste que lesruines sont celles du môle qui, ren-versé par les eaux, fut restauré par
, BAIA, ETC. io3
Antonin, et dont Sénèque a dit : « Au-jourd’hui les navires alexandrins ontparu. La foule se porte sur le môle. »
En remontant par une petite ruelle,nous nous trouvâmes en face du templede Jupiter-Sérapis (PI. 5o), long-temps enseveli sous les cendres volca-niques , et qui n’a été découvert qu’eniy5o; malheureusement il ne revit lejour que pour être impitoyablementdépouillé de tout ce qu’il avait de plusprécieux :les seize colonnes qui soute-naient la coupole, les statues et lesvases qu’il renfermait, ornent depuislong-temps le palais de Caserte et lemusée de Naples . Ce temple est inondédepuisle tremblement de terrede i538.
Son enceinte est un carré long decent trente - quatre pieds sur centquinze; le temple est de forme circu-laire i on reconnaît encore la place desseize colonnes de marbre rouge donton l’a dépouillé ; il reste à son péristyletrois des nombreuses colonnes qui l’en-touraient ; elles sont très-élevées et enmarbre cipolin.
C’est encore le monument le pluscurieux que l’on ait à voir à Pouzzoles ;le pavé ainsi que les soubassemensétaient en marbre grec. Au centre duportique l’on voit un massif circulairequi servait de base à un temple rond àjour, appelé Monoptère.
Autour de ce massif il existe en-core deux vases de marbre, autre-fois au nombre de douze, et deuxanneaux de bronze fixés dans le pavé ;ils servaient à attacher les victimesdestinées à être immolées. Un seulexiste en entier.
Ces magnifiques restes portent l’em-preinte d’un phénomène ; c’est unemultitude de petits trous renfermantune espèce de coquillage que l’abbécrut reconnaître pour le Dactylus lito-fagus et le faladus , d’où nous con