Buch 
[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
Entstehung
Seite
103
JPEG-Download
 

POUZZOLE

triomphe fut complètement ridicule, ilentra dans Pouzzoles comme un conqué-rant dans une ville ennemie prise das-saut. Cette pompe, précédéedesacrificesofferts aux Dieux, et particulièrementà lEnvie, pour les consoler de sa gloire,fut suivie dune nuit, pendant laquelleun grand nombre de feux brillèrent surtous lespoints du golfe,et semblèrent se-conder la puissance du triomphateur, enchassant les ténèbres, et en réunissantpour ainsi dire deux jours en un seul.

» Lespèce dembrasement de la côtede Baïa , le tableau magique dunbassin immense, transformé en uneplaine de feu sillonnée par des milliersde barques et de flambeaux , le mouve-ment tumultueux dune armée sur lepont triomphal et sur la plage, lairretentissant de toute part du son desinstrumens guerriers , nétaient pasun spectacle suffisant pour la gloirede Caligula . A la suite dun festinsomptueux, il sabandonna a la plusdégoûtante ivresse, il fit précipiterdans la mer ses amis, ainsi que les ma-gistrats investis des premières dignitésde lempire, et prononça larrêt demort des citoyens romains dont lesrichesses pouvaient payer les frais deson épouvantable triomphe. »

Le vrai motif de Caligula avait étérévélé par ses courtisans intimes :cétait une prédiction de lastrologueTlirasile, qui, voyant Tibère inquietsur son successeur, à cause du pen-chant quil avait pour son petit-fils vé-ritable, lui avait assuré que Caïus neserait pas plus empereur quon ne leverrait courir à cheval à travers le golfede Baïa.

Une inscription, trouvée dans lamer, et placée aujourdhui au-dessusde la porte de la ville, atteste que lesruines sont celles du môle qui, ren-versé par les eaux, fut restauré par

, BAIA, ETC. io3

Antonin, et dont Sénèque a dit : « Au-jourdhui les navires alexandrins ontparu. La foule se porte sur le môle. »

En remontant par une petite ruelle,nous nous trouvâmes en face du templede Jupiter-Sérapis (PI. 5o), long-temps enseveli sous les cendres volca-niques , et qui na été découvert queniy5o; malheureusement il ne revit lejour que pour être impitoyablementdépouillé de tout ce quil avait de plusprécieux :les seize colonnes qui soute-naient la coupole, les statues et lesvases quil renfermait, ornent depuislong-temps le palais de Caserte et lemusée de Naples . Ce temple est inondédepuisle tremblement de terrede i538.

Son enceinte est un carré long decent trente - quatre pieds sur centquinze; le temple est de forme circu-laire i on reconnaît encore la place desseize colonnes de marbre rouge donton la dépouillé ; il reste à son péristyletrois des nombreuses colonnes qui len-touraient ; elles sont très-élevées et enmarbre cipolin.

Cest encore le monument le pluscurieux que lon ait à voir à Pouzzoles ;le pavé ainsi que les soubassemensétaient en marbre grec. Au centre duportique lon voit un massif circulairequi servait de base à un temple rond àjour, appelé Monoptère.

Autour de ce massif il existe en-core deux vases de marbre, autre-fois au nombre de douze, et deuxanneaux de bronze fixés dans le pavé ;ils servaient à attacher les victimesdestinées à être immolées. Un seulexiste en entier.

Ces magnifiques restes portent lem-preinte dun phénomène ; cest unemultitude de petits trous renfermantune espèce de coquillage que labbécrut reconnaître pour le Dactylus lito-fagus et le faladus , d nous con