savoir : 85 o à 880 eu marbre, 60 venantde l’Jnde, en bronze et autres matières,100 morceaux de peinture indienne,et un nombre presque égal d’objets sa-crés , tels que crucifix, encensoirs,patènes, vases de toutes sortes de for-mes et de matières, bas-reliefs , instru-mens de torture employés contre lespremiers chrétiens , etc., etc.
Presque cinq mille objets composentla collection des terres cuites, sans ycomprendre les vases grecs peints dontle nombre considérable est inconnu.Deux mille quatre cents et plus formentcelle des verres antiques. Le musée ob-scène , ou des monumens phalliques ,compte cent soixante morceaux environen bronze, en marbre, peintures, mosaï-ques, etc., représentant des Phallus,des Ktéïs , des Spintriœ, et des scènesdont le souvenir salit presque autantl’imagination que la vue des objetsmêmes.
Ces quatre dernières collections oc-cupent une portion du premier étage,ainsi que la bibliothèque, riche de centcinquante mille volumes et de troismille manuscrits, parmi lesquels oncompte ceux de saint Thomas-d’Aquin,de l’Amintas du Tasse et celui desActes des Apôtres , qui date du dixièmesiècle. D’autres pièces contiguës ren-ferment le cabinet des pierres pré-cieuses et des joyaux antiques et dumoyen-âge, celui des bronzes servantaux usages domestiques des peuplesanciens, celui des armures, dont l’an-tiquité remonte quelquefois à trentesiècles, la collection des fragmens d'é-toffes, d’alimens, d’objets servant à latoilette, trouvés dans les fouilles dePompeï et des autres villes antiquesde la grande Grèce, le cabinet des mé-dailles et la bibliothèque si intéres-sante des papyrus.
Près de trois mille petits rouleaux
noirs, de 2 à 4 poucesdelongsur 24 ^^°lignes de diamètre, sont rangés avecsoin sur les rayons des vastes armoiresqui garnissent les murs de ce cabinet.On dirait autant de morceaux de char-bon de bois qu’un marchand auraitexposés pour échantillons : ce sont lespapyrus. Cette malheureuse ressem-blance avec le combustible est causede la perte d’une grande partie de cesprécieux dépositaires des produits del’esprit humain, qui semblaient desti-nés à nous conserver tant de richessesdes temps anciens. On les prit d’abordpour du charbon décomposé qui nepouvait pas même produire la chaleurnécessaire pour l’usage habituel : ungrand nombre fut jeté à la mer. Plustard, en 1753, on découvrit au-dessousdu jardin du couvent de Saint-Augus-tin, à Portici , une si grande quantitéde rouleaux carbonisés rangés avectant de symétrie dans une pièce d’unemaison d’Herculanum , qu’enfin on lesobserva et l’on parvint à y lire des ca-ractères latins et grecs. Trois bustesen bronze, dont un représentant Epi-cure, sept encriers et des stylets àécrire, trouvés dans le même endroit, nepermettaient pas cette fois de prendreune bibliothèque pour la boutique d’uncharbonnier. Près de mille huit centpapyrus furent transportés par ordre deCharles III, alors roi de Naples , aumusée royal de Portici, et plus tardde là au musée Bourbon. Le feu, bienloin de les détruire, les a réellementconservés : car tous ceux qui. n’ont pasété consumés sont tombés en poussièreet ont tout-à-fait disparu. Ceux quinous restent sont tellement torréfiés etrendus si friables, que l’on ne peut ytoucher qu’avec une précaution ex-trême. La difficulté de les lire, quid’abord parut insurmontable, a cepen-dant été vaincue par la persévérance