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cuser d'être maniéré, se î-essent tout-à-fait de la décadence; néanmoins sesfigures, quoique tourmentées, ne man-quent pas de vie et de mouvement. Lesnombreux ouvrages de Solimène luiattirèrent les bienfaits de presque tousles souverains de l’Europe . L’empe-reur Charles VI le nomma chevalier.Il finit ses jours en 1747 1 dans une dé-licieuse maison de campagne qu’il pos-sédait sur les flancs du Vésuve , dépen-sant avec libéralité la fortune que sestalens lui avaient acquise. La musiqueétait son délassement favori. Son prin-cipal ouvrage, digne des plus grandsmaîtres, est une fresque représentantHéliodore chassé du temple , que l’onvoit dans l’église du Giesu-Nuovo, à Na ples , vaste composition qui remplit unesurface de six à sept cents pieds carrés.Ses tableaux de chevalet ont bien perdudu prix qu’ils avaient du temps del’auteur. 11 semble que Jouvenet se soitinspiré de Solimène pour l’arrange-ment des draperies. Corrado, Sebas-tiano Conca, Franceschello delle mura,et le comte Ferdinando San-Felice , sesélèves, ont les défauts de leur maître ,sans posséder ses talens. Ces derniex-snoms ferment notre liste abrégée despeintres napolitains. L’art, depuis ledix-huitième siècle, a presque disparude Naples . MM. Camerano , Marsi-gliode Falco et Smargiassi, sont à peuprès les seuls artistes qui de nos jourssemblent vouloir soutenir la vieillegloire de leur patrie.
L'article suivant est de M. P.***
Destinée à signaler tout ce qu’elleeut d’éclatant dans ses annales si vasteset si fécondes en grands et dramatiquesévénemens, notre Italie ne pouvait,dans l’article que nous avons consacréà Naples , omettre d’y comprendre ce-lui si justement célèbre de Masanicllo,
qui tint dans sa main le sort de tout unpeuple. Nous acquittons celte detteenvers nos lecleurs, et espérons que,jointe à la notice de Genuaro Anneseet du duc de Guise , l’auto-biograpliiedu pêcheur napolitain leur sera d’au-tant plus agréable, quenous avons prisle soin de leur en donner en quelque sor-te le portrait moral et physique. Ces ré-cits sont exti'aits des Mémoires d’Orlolf.
Dans Naples vivait un jeune hommedu nom de Thomas Aniello (par con-traction, Mas’Aniello ), que la naturesemblait avoir formé pour les grandesentreprises. C’était un simple valet depêcheur, sans éducation , sans culture,mais vif, audacieux , et doué de cetteéloquence brute qui émeut les sens,parce qu’elle ne s’exprime que par ima-ges. Il avait aussi à se plaindre d’uneoffense : sa femme, ayant voulu un jourentrer dans la ville avec un peu de fa-rine cachée dans un bas, avait été pu-nie de plusieurs jours de prison pouravoir fraudé les droi ts. Depuis ce temps,il conçut pour le gouvernement unehaine implacable : il cherchait et trou-va l’occasion d’assouvir sa vengeance.
Il est peu de villes d’Italie qui n’aientconservé, sous d’autres noms, quel-ques-unes des fêtes de l’antiquité, quel’on célèbre encore annuellement pardes jeux populaires, vestiges d’anciensjeux sans doute plus solennels et pluspompeux. Dans une fête de cette es-pèce, le peuple était rassemblé (le 7juillet 1647) dans la place du grandmarché, à Naples .
Le marché étai t presque entièrementdépourvu de fruits ; les paysans de-vant payer l’impôt ne s’empressaientplus d’en apporter à Naples . Ce spec-tacle de la disette, le jour d’une fêtepublique, attristait la multitude, etMasaniello sut habilement profiter decette disposition des esprits : il se mêla