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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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NAPLES .

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cuser d'être maniéré, se î-essent tout-à-fait de la décadence; néanmoins sesfigures, quoique tourmentées, ne man-quent pas de vie et de mouvement. Lesnombreux ouvrages de Solimène luiattirèrent les bienfaits de presque tousles souverains de lEurope . Lempe-reur Charles VI le nomma chevalier.Il finit ses jours en 1747 1 dans une dé-licieuse maison de campagne quil pos-sédait sur les flancs du Vésuve , dépen-sant avec libéralité la fortune que sestalens lui avaient acquise. La musiqueétait son délassement favori. Son prin-cipal ouvrage, digne des plus grandsmaîtres, est une fresque représentantHéliodore chassé du temple , que lonvoit dans léglise du Giesu-Nuovo, à Na­ ples , vaste composition qui remplit unesurface de six à sept cents pieds carrés.Ses tableaux de chevalet ont bien perdudu prix quils avaient du temps delauteur. 11 semble que Jouvenet se soitinspiré de Solimène pour larrange-ment des draperies. Corrado, Sebas-tiano Conca, Franceschello delle mura,et le comte Ferdinando San-Felice , sesélèves, ont les défauts de leur maître ,sans posséder ses talens. Ces derniex-snoms ferment notre liste abrégée despeintres napolitains. Lart, depuis ledix-huitième siècle, a presque disparude Naples . MM. Camerano , Marsi-gliode Falco et Smargiassi, sont à peuprès les seuls artistes qui de nos jourssemblent vouloir soutenir la vieillegloire de leur patrie.

L'article suivant est de M. P.***

Destinée à signaler tout ce quelleeut déclatant dans ses annales si vasteset si fécondes en grands et dramatiquesévénemens, notre Italie ne pouvait,dans larticle que nous avons consacréà Naples , omettre dy comprendre ce-lui si justement célèbre de Masanicllo,

qui tint dans sa main le sort de tout unpeuple. Nous acquittons celte detteenvers nos lecleurs, et espérons que,jointe à la notice de Genuaro Anneseet du duc de Guise , lauto-biograpliiedu pêcheur napolitain leur sera dau-tant plus agréable, quenous avons prisle soin de leur en donner en quelque sor-te le portrait moral et physique. Ces ré-cits sont exti'aits des Mémoires dOrlolf.

Dans Naples vivait un jeune hommedu nom de Thomas Aniello (par con-traction, MasAniello ), que la naturesemblait avoir formé pour les grandesentreprises. Cétait un simple valet depêcheur, sans éducation , sans culture,mais vif, audacieux , et doué de cetteéloquence brute qui émeut les sens,parce quelle ne sexprime que par ima-ges. Il avait aussi à se plaindre duneoffense : sa femme, ayant voulu un jourentrer dans la ville avec un peu de fa-rine cachée dans un bas, avait été pu-nie de plusieurs jours de prison pouravoir fraudé les droi ts. Depuis ce temps,il conçut pour le gouvernement unehaine implacable : il cherchait et trou-va loccasion dassouvir sa vengeance.

Il est peu de villes dItalie qui naientconservé, sous dautres noms, quel-ques-unes des fêtes de lantiquité, quelon célèbre encore annuellement pardes jeux populaires, vestiges danciensjeux sans doute plus solennels et pluspompeux. Dans une fête de cette es-pèce, le peuple était rassemblé (le 7juillet 1647) dans la place du grandmarché, à Naples .

Le marché étai t presque entièrementdépourvu de fruits ; les paysans de-vant payer limpôt ne sempressaientplus den apporter à Naples . Ce spec-tacle de la disette, le jour dune fêtepublique, attristait la multitude, etMasaniello sut habilement profiter decette disposition des esprits : il se mêla