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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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NAPLES .

ségare, son esprit paraît aliéné. 1 !] cou-rut un bruit absurde : quon lui avaitfait respirer le parfum de fleurs em-poisonnées ; que sa tête en restait alïai-blie. Il est bien plus naturel de penserque les fatigues desprit auxquelles cetbomme nétait accoutumé ni par étatni par goût, jointes à lexcessive cha-leur de la saison; que peut-être aussiles terreurs qui suivent toujours les ex-cès du pouvoir, furent les causes decelte démence aussi soudaine que fu-neste. Après les riches fermiers, ilpoursuivit les nobles , et même les plé-béiens. Sur la plus simple délation,!prononçait une sentence de mort.

Lorsquun chef de parti attaque sonparti même, il nest pas loin de sachute. Les principaux citoyens qui,dans cette révolution, marchaient sousses bannières et combattaient pour saquerelle , menacés dêtre égorgés par letribun devenu un véritable tyran, sen-tirent la nécessité den délivrer promp-tement la patrie. Masaniello saperçutdu déclin de la faveur publique. Envain il voulut ranimer dans les âmescette exaltation à laquelle il avaitlautoriLé dont il jouissait ; ses discoursfrénétiques parurent ce quils étaienten efiet, insensés. Un jour, quaffligéautant que surpris du peu de succèsqu'avait eu une de ses déclamationsordinaires , quil avait prononcée dansla chaire même de léglise dun cou-vent, il errait dans lintérieur de cemonastère, livré à la plus sombre mé-lancolie, il fut appelé par quelqueshommes apostés, qui feignirent da-voir à lui parler des intérêts du peu-ple ; il savança vers eux avec confiance;mais aussitôt ils létendirent à leurspieds de plusieurs coups de fusil. Enexpirant, le malheureux neut que letemps de proférer ces mots : « Ab ! lesingrats ! ali ! les traîtres ! »

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Ainsi périt un homme qui, malgrésa grossière ignorance, neut pas moinsde pouvoir dansNaples queThrasybulenen eut à Athènes , lorsquil en chassales trente tyrans, et que les Gracques ,à Rome , lorsquils demandèrent au sé-nat létablissement de la loi agraire.Grand bomme peut-être, si avec laprobité et le désintéressement dont ildonna de constantes preuves, il eûtmontré plus dhumanité et de jus-tice (1).

On devait croire que lémeute allaitcesser par la mort de Masaniello. Lesinsurgés, fatigués de la tyrannie duchef quils sétaient donné, avaient vu,avec une espèce de joie, sa tête clouéeà un poteau. Mais le vice-roi et sespartisans, trop fiers dune victoire quilsdevaient plutôt à la fortune quà leurcourage, se comportèrent en vainqueursinsolens. Des nobles ne craignirentpoint de maltraiter des hommes dupeuple; et, de son côLé,le gouverne-ment fit diminuer le poids du pain.Dès-lors le tumulte recommença, maisavec plus de fureur; le corps de Masa-niello fut déterré, et réuni à sa tête,fut exposé à la vénération du peuple :on lui fit des obsèques magnifiques,comme à un général en chef. Bientôtle peuple sempare de tous les postesqui dominaient le port; le vice-roi, as-siégé de nouveau, est obligé pour laseconde fois de se réfugier dans un deschâteaux forts (le Château-Neuf), etpour la seconde fois encore , il lui fautnégocier, traiter avec le peuple. Mais cetraité fut plus humiliant, plus honteuxque le premier, et pour comble de mal-

(1) Le vénérable achevêque île Tarente ( Mon-seigneur Capecclatro ) possède un manuscrit ano-nyme , qui contient lhistoire de la révolutionopérée dans Naples , par Masaniello. Nous avonsregretté que notre plan ne nous permît pas derépéter tous les détails intéressans qui sy trou-vent consignés

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