peine à la supporter, et les émanationsqui se joignent à celle incommoditévous forcent bien lût à vous percher surquelque bloc de lave. Ainsi isolé, il estpossible d endurer le supplice un peuplus long-temps, et en sautant de ro-cher en rocher on peut faire le tourdes parois. Mais je conseille au voya-geur, même le plus intrépide, de nepas s aventurer au centre. D’ailleurs,une pierre lancée dans cet endroit l’a-vertira, par les balancemens qu’elle im-prime au sol, du peu de sécurité qu’ilprésente,et je nedoule pas qu’après cetessai il ne renonce à sa folle entreprise.
Avant de quitter ces îles de Lipari ,qu’il me soit permis d’exposer le résul-tat de mes observations sur le caractèredes habitons. Le Li pu rote est bon, grandami delà liberté sans être turbulent D'esthospitalier, mais il manque de cet le a Ha-bilité qui distingue les Siciliens ; il y amême dans ses manières nue certaine
rudesse qui ne messied pas. Accoutumédès l’enfance à braver les dangers d’unemer orageuse, et les commoLions desvolcans qui brûlent à ses pieds ou gron-dent sur sa tête, la bravoure est undes traits saillans de son caractère.C’est de ces îles que le gouvernementnapolitain tire ses meilleurs matelots.Les Anglais eux-mêmes, si fiers deleur prépondérance maritime, ne né-gligeaient pas pendant leur séjour enSicile de les attirer à eux.
L’alun, le soufre, la pierre ponce,la pouzzolane, les vins, les raisins secsqu’on exporte des îles de Lipari , pro-curent une certaine aisance aux habi-tans. Il est rare de quitter ces bravesgens sans regret, et le voyageur de re-tour se complaît dans le souvenir desmomens passés parmi eux ; mais jecrains l’impatience du lecteur, je vaisdonc sans plus long retard le conduireau détroit de Messine .
La traversée de Vulcano au cap Pé-lore est de quarante milles. Quatrevigoureux rameurs font facilementparcourir cette distance en six heures.A cinq lieues au sud de Vulcano setrouve la pointe du capo Bianco, quiforme, avec le cap Basalcumo, le golfede l’antique Mylæ , aujourd’hui Milaz-zo. C’est entre cette ville et Naulo-chus, dont on ne trouve plus la moin-dre trace, qu’Octave,ou plutôt Agrip-pa défit la flotte de Sextus Pompée .Pcmpeium inter My las et Naulochumsuperavit ( Suet. , in v iui Oct. Aug.).Là aussi le consul Duillius remporta
la première victoire navale sur les Car-thaginois.
Dès qu’on a doublé le cap Rasal-cumo, on aperçoit en face de soi, surla côte de Calabre , une petite villepittoresquement située. Ses blanchesmaisons, en s’étendant sur la déclivitédes dernières collines des Apennins ,couvertes ici d’une abondante végéta-tion, lui donnent l’aspect d’un aigled argent au vol étendu sur un champde sinoples. Aux pieds , est un rocherénorme. L 'a habite Scylla qui fait en-tend/ e d horribles hurle/nens , tels quelecri lugubre que pousscen sa jeunesse