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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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MESSINE.

L’origine de Messine , comme cellede tous les peuples, est enveloppée denuages que la philosophie a peine àpercer.

Zancle est le nom le plus ancienqu’on lui connaisse. On ignore siles Sicules la nommèrent ainsi à causede cette langue de terre qui formele port, comme le prétendent Thu-cydide et Strahon; ou bien, suivantDiodore de Sicile , si ce fut Zancle,roi des Sicules, qui lui donna sonnom. Plusieurs colonies grecques sesuccédèrent dans l’occupation de cetteville.

Ses premiers habitans furent desgens de Cumes et de Chalcis , conduitspar Périètes et Cratamène, au rapportde Thucydide et de Pausanias . Cinqcents ans avant notre ère , les Samiensles remplacèrent jusqu’à ce que lesMesséniens, chassés du Péloponèse , yfurent appelés par Anaxillas, tyrande Reggium et de Zante . Ces derniersdonnèrent à la ville le nom de leur pa-trie. Hérodote, Thucydide et Strahons’accordent pour rapporter ce fait à lasoixante-dixième Olympiade. Quelquesannées après, les Mamertins, habi-tans de la Campanie ^ espèce d’aventu-riers qui se mettaient à la solde dequi les payait davantage, retournantdans leur pays après avoir été congé-diés par Agatliocle, tyran de Syracuse ,entrèrent par trahison dans Messine ,tuèrent une partie des habitans, chas-sèrent les autres. et s’emparèrent desfemmes et des enfans de ces malheu-reux, de leurs champs, et de tout cequ’ils possédaient, suivant en cela laloi de leur dieu tutélaire, Mars, dontils tiraient leur nom. Forts de l’alliancede la garnison de Rhége,qui s’était ré-voltée et occupait la ville, non r seule-ment ces soldats de fortune dominè-rent tranquillement Messine et le ter-JN.

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ritoire, mais ils devinrent un gravesujet d’inquiétude pour les Carthagi-nois et les Syracusains leurs voisins ,et prélevèrent de forts tributs surplusieurs villes de la Sicile . Cepen-dant , Rome ayant puni ses légions re-belles, les Mamertins abandonnés àeux-mêmes furent bientôt refoulés dansMessine par les Syracusains qui leurfirent chèrement payer leurs incursionset leurs rapines. La discorde et l’abat-tement ne tardèrent pas à les accabler.Une partie se jeta dans les bras desCarthaginois, et leur remit les for-teresses qui dépendaient de la ville ;l’autre implora le secours de Rome . Ilparaissait inique d’approuver, de ré-compenser même dans ces barbares lemême délit que le sénat venait de pu-nir si cruellement dans ses lésions,mais la justice prévalut-elle jamais surl’intérêt des peuples? La haine contreCarthage , qui déjà convoitait la do-mination de la Sicile , fut seule écou-tée. Le grand , peuple devint l’alliéd’une troupe de brigands, et Messine fut la cause de la première guerre pu-nique. Les Romains, profitant de lalâcheté d’Hannon , et soutenus par laprudence de Claudius, s’emparèrentde la ville, en chassèrent Hiéron et lesCarthaginois qui la tenaient bloquée,et forcèrent le roi de Syracuse à signercette paix qui leur ouvrit la Sicile .Cette île, devenue province romaine,fut gouvernée par des préteurs et desquesteurs , et Messine fut toujours unedes villes privilégiées. Sous ses murs ,le consul Rupilius remporta une vic-toire sanglante sur les esclaves rebellesqui la tenaient assiégée. Plus tard,lors des guerres civiles, elle fut priseet pillée par Sextus Pompée qui lagarda peu de temps. Dès les premierssiècles de l’église , Messine eut ses évê-ques ; elle suivit la fortune de toute

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