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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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LITALIE .

la Sicile , jusquau neuvième sièclecommença dans son sein la dominationdes Arabes qui devait durer près dequatre cents ans.

Euplième, un des grands de lîle,épris dune folle passion pour une jeunereligieuse, et ne pouvant lobtenir paraucun autre moyen, la fit arracher deson asile sacré par des scélérats quiltenait à sa solde. Mais à peine est-ilvenu à bout daccomplir son desseinatroce, que son amour, si lon peut don-ner ce beau nom à sa rage, fit place àune froideur glaciale, et bientôt audégoût; et il renvoie à sa famille samalheureuse victime, couverte dehonte et de mépris. Les parens decette infortunée , frémissant de ven-geance, demandent à lexarque de Sicile le juste châtiment dun tel forfait. Lapuissance du ravisseur étoulïâ leursplaintes. Loin de se rebuter, les diffi-cultés augmentent encore la soif dusang qui les dévore : ils ont re-cours à lempereur. Michel le Bègueindigné ordonne que le coupable aurale nez coupé. Cependant Euphèmecherche à couvrir ce premier crimepar un second, il sentoure de satelli-tes attirés par ses richesses , brave lesmenaces de César, et pousse laudacejusquà usurper le nom et la puissancedAuguste. Effrayé néanmoins des pré-paratifs qui se font à Constantinople pour son châtiment, il joint linfamieà la rébellion, il traite avec les Sar-rasins , et leur offre son épée etses trésors pour conquérir la Sicile ,quils ont gardée jusquau treizièmesiècle.

Il était réservé à quelques gentils-hommes'de Normandie de délivrer cebeau pays du joug humiliant des Ara­ bes , et dy fonder une dynastie. Cestà Messine que Maniacès appela les glo-rieux fils de Tancrède. Cest que le

comte Roger commença sa brillante car-rière et jeta les premières bases dutrône normand. On voit souvent cetteville figurer dans lhistoire des croisa-des. Philippe-Auguste et Richard- Cœur-de-Lion se battirent aux piedsdes remparts, qui, plus tard, virentexpirer le cruel Henri dont la mort futpour la Sicile le plus heureux événe-ment de son règne.

Charles dAnjou choisit Messine pour la première victime de la ven-geance quil voulait tirer des vêpressiciliennes. Des forces immenses, as-semblées pour une expédition quilméditait contre la Grèce , furent con-duites sous ses murs, quil attaqua parterre et par mer. Battus dans un pre-mier combat, les Messinais offraientdéjà de se rendre à des conditions rai-sonnables, lorsque le meurtrier de Co-radin leur répondit quil était venuchâtier des rebelles, et non traiter aveceux ; quils eussent à abandonner huitcents des leurs à sa discrétion , et queles autres attendraient avec soumissionla décision du vainqueur. Les Messi-nais, loin douvrir leurs portes, ne son-gèrent quà les défendre. Les femmessecondèrent puissamment les efforts deces braves : on les voyait, chargées dematériaux, se porter aux endroits desremparts que les machines ennemiesavaient renversés. Une chanson dutemps conserve la mémoire de leur hé-roïsme , elle commence ainsi :

Dell comegli è gran pietateBelle donne di Messina,

Nel vederle iscapegliate,

Portar pietre e calcinai

Dieu! quel spectacle déchirant,

Voyez ces femmes de Messine ,

Lœil hagard, les cheveux au vent,

Porter des pierres et du ciment.

Roger del Oria fut le libérateur deMessine , Toujours heureux sur mer ,