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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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MESSINE.

il détruisit, à la tète des forces ara-gonaises, la flotte du roi, et le forçade se retirer en Calabre . Robert,petit - fils de Charles , ne fut pasplus heureux dans une seconde at-taque. Messine ne rentra sous la dé-pendance de la maison d’Anjou quesous Louis, roi de Naples , et la reineJeanne, au commencement du quin-zième siècle.

L’an i 66 a fut remarquable par larévolte des Messinais. Ils secouèrentle joug- de l’Espagne et se donnèrent àLouisXlV.Ils furent pendant quelquestemps puissamment secourus par lesFrançais ; mais avant que les Espagnols eussent remporté aucun avantage quipût leur faire espérer de recouvrer une"possession si précieuse, Louis se vitforcé, par des raisons de politique,d’abandonner ses nouveaux sujets aucourroux de leurs anciens maîtres. Ledésespoir de se voir ainsi délaissés,et les châtimens sévères qu’ils subi-rent, abaissèrent la fierté des Messi-nais, et ils étaient encore consternésde ce coup, lorsqu’en 1743 la peste futapportée du Levant et en détruisit lamoitié. Ce fléau n’était pas le dernierqui devait accabler cette malheureuseville ; quarante ans après, au mois defévrier 1783, le plus affreux tremble-ment de terre qui jamais ait épouvantéles hommes, après avoir bouleversétoutes les Calabres , étendit ses ravagesj usqu’à Messine , qui, trois j ours après,n’oflrait plus qu’un monceau de ruinesdominé par quelques édifices échap-pés à la destruction générale. Ce trem-blement n’a point été passager commecelui de Lisbonne ; on a compté plusde deux cents secousses dans l’espacede deux mois.

Au nom...e des monumens conser-vés est la cathédrale , fondée par lecomte Roger en 1197. La façade dé-

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core la plaee qui porte son nom, Piazzadel Duomo (PI. 97.) Son architecture estgothique, ou plutôt arabo-normande.Elle est divisée par des zones dont lesintervalles, remplis par des bandes or-nées de mosaïques, offrent, par la va-riété de leurs couleurs, ce pittoresqueque l’on ne trouve que dans les monu-mens de cette époque. Trois portesdonnent entrée au temple : la plusgrande, qui est au centre, est surmon-tée d’arcs en ogives, de niches super-posées, qui renferment des figures desaints et d’apôtres, de colonnettes, d’ai-guilles, et d’autres ornemens dont cestyle est si prodigue. L’étage supé-rieur, sans être très - dissemblable, of-fre pourtant dans ses détails les carac-tères d’une architecture plus moderne.Cette partie ayant été renversée parletremblement de 1783 ne fut recon-struite que plus tard. Une portion dela tour carrée qui occupe un côté dela façade fut aussi détruite à la mêmeépoque ; ce qui reste présente tous lescaractères des constructions sarrasines.

Une confusion plus grande encore detous les genres d’architecture se faitremarquer dans l’intérieur de cette ca-thédrale. Il serait impossible de déter-miner celui qui domine, tant les stylesgrec, romain , mauresque et gothi-que y sont confondus. C’est un mé-lange si mal ordonné, qu’il n’a pasmême l’avantage de pouvoir servir àl’histoire de l’art. Les mosaïques, lesdorures souvent mesquines, malgréleur affectation de grandeur, étonnentplus par leur mauvais goût que parleur richesse souvent fausse. On yvoit cependant des peintures de Qua-glia, un des chefs de l’école sicilienne,et des bas-reliefs de Gagino, contem-porain et ami de Michel-Ange : ellesne sont pas sans beautés. Le maître-au-tel mérite aussi d’attirer les regards de