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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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LJTALIE.

qui sonnaient vêpres. La Sicile toutentière parut se soulever en un seulmoment contre un ennemi sans dé-fiance : on vit les religieux franciscainset dominicains prendre part à celteformidable insurrection. En vain quel-ques malheureux sétaient enfuis versun rocher inaccessible nommé Spirlin-gue, croyant y trouver leur salut. Onles laissa mourir de faim. Les enfansfurent écrasés contre les pierres desédifices : des monceaux de cadavresétaient entassés dans les temples. En-fin dans lespace de deux heures huitmille Français furent massacrés.

Quelques historiens rapportent dif-féremment les circonstances qui ontaccompagné cette horrible boucherie.Ils prétendent que des habitans de Pa-lerme se trouvant réunis au nombrede six cents environ dans léglise duSaint - Esprit, avec leurs femmes etleurs enfans, eurent beaucoup à souf-frir des insultes des soldats français .Lun deux sétant oublié au pointdoutrager publiquement une femmenoble de la ville, excita tellement lin-dignation des Palermitains quils lelapidèrent. Ce meurtre fut pour euxle signal dexcès plus grands encore ;en quelques instans un esprit ardentde rébellion sempara de tous les cœurset éclata avec une fureur subite.

Quoi quil en soit, après le massacre,consacré dans lhistoire sous le nomde Vêpres siciliennes , quatre arméesfurent formées par les habitans pourexpulser les Français de tous les autrespoints de la Sicile . Lune delles se miten marche vers Calatafimi , vivaitun Français nommé le chevalier Guil-laume Porcelet. Cétait un hommejuste et universellement estimé. Il dutla vie à sa bonne réputation. Le gou-verneur du Val-de-Noto fut aussi épar-gné : ce sont les seuls qui échappèrent

au désastre sans exemple qui fonditsur leurs compatriotes.

Les insurgés offrirent la couronne àPierre dAragon. Une longue guerrefut le résultat de toutes ces catastro-phes. Charles, depuis cette époque,néprouva que des malheurs et finitpar mourir de chagrin.

A sa mort, son fils aîné était pri-sonnier ; lorsquil eut recouvré la li-berté , il fit quelques tentatives inutilespour chasser les Aragonais delà Sicile -,conclut la .paix avec eux; et commeil était naturellement bon et modéré,il employa tous ses soins à la prospé-rité de son royaume de Naples (i3og).

Son second fils Robert lui succéda ,quoique Charles Martel , roi de Hon-grie, qui était laîné, et que la mortavait enlevé avant son père, eût laissédes enfans. Charibert ^ roi de Hongrie ,fils de Charles Martel , réclama sesdroits, et les deux parties intéresséesdans cette querelle se soumirent duncommun accord à larbitrage du pape.Un décret du pontife confirma Robertdans la possession du trône. On lac-cusa davoir empoisonné son frère poursassurer la couronne.

Son règne fut long et paisible, mal-gré les tentatives des ennemis du de-hors ; mais, dans le cercle de ses inté-rêts domestiques, sa vie nofïre quunesuite dinfortunes. Ayant perdu sonfils unique, et voulant éviter les trou-bles quaurait pu faire naître sa succes-sion, il donna Jeanne I r \ sa petite-fille , et héritière du royaume, à An-dré de Hongrie, prince sans talent,avec lequel la pauvre princesse nepouvait manquer dêtre malheureuse.Les infortunes que Robert prévoyaitaccablèrent sa constitution déjà atta-quée et bâtèrent sa mort (i343).

André se montra tellement insup-portable à la reine et au peuple,