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L’JTALIE.
qui sonnaient vêpres. La Sicile toutentière parut se soulever en un seulmoment contre un ennemi sans dé-fiance : on vit les religieux franciscainset dominicains prendre part à celteformidable insurrection. En vain quel-ques malheureux s’étaient enfuis versun rocher inaccessible nommé Spirlin-gue, croyant y trouver leur salut. Onles laissa mourir de faim. Les enfansfurent écrasés contre les pierres desédifices : des monceaux de cadavresétaient entassés dans les temples. En-fin dans l’espace de deux heures huitmille Français furent massacrés.
Quelques historiens rapportent dif-féremment les circonstances qui ontaccompagné cette horrible boucherie.Ils prétendent que des habitans de Pa-lerme se trouvant réunis au nombrede six cents environ dans l’église duSaint - Esprit, avec leurs femmes etleurs enfans, eurent beaucoup à souf-frir des insultes des soldats français .L’un d’eux s’étant oublié au pointd’outrager publiquement une femmenoble de la ville, excita tellement l’in-dignation des Palermitains qu’ils lelapidèrent. Ce meurtre fut pour euxle signal d’excès plus grands encore ;en quelques instans un esprit ardentde rébellion s’empara de tous les cœurset éclata avec une fureur subite.
Quoi qu’il en soit, après le massacre,consacré dans l’histoire sous le nomde Vêpres siciliennes , quatre arméesfurent formées par les habitans pourexpulser les Français de tous les autrespoints de la Sicile . L’une d’elles se miten marche vers Calatafimi , où vivaitun Français nommé le chevalier Guil-laume Porcelet. C’était un hommejuste et universellement estimé. Il dutla vie à sa bonne réputation. Le gou-verneur du Val-de-Noto fut aussi épar-gné : ce sont les seuls qui échappèrent
au désastre sans exemple qui fonditsur leurs compatriotes.
Les insurgés offrirent la couronne àPierre d’Aragon. Une longue guerrefut le résultat de toutes ces catastro-phes. Charles, depuis cette époque,n’éprouva que des malheurs et finitpar mourir de chagrin.
A sa mort, son fils aîné était pri-sonnier ; lorsqu’il eut recouvré la li-berté , il fit quelques tentatives inutilespour chasser les Aragonais delà Sicile -,conclut la .paix avec eux; et commeil était naturellement bon et modéré,il employa tous ses soins à la prospé-rité de son royaume de Naples (i3og).
Son second fils Robert lui succéda ,quoique Charles Martel , roi de Hon-grie, qui était l’aîné, et que la mortavait enlevé avant son père, eût laissédes enfans. Charibert ^ roi de Hongrie ,fils de Charles Martel , réclama sesdroits, et les deux parties intéresséesdans cette querelle se soumirent d’uncommun accord à l’arbitrage du pape.Un décret du pontife confirma Robertdans la possession du trône. On l’ac-cusa d’avoir empoisonné son frère pours’assurer la couronne.
Son règne fut long et paisible, mal-gré les tentatives des ennemis du de-hors ; mais, dans le cercle de ses inté-rêts domestiques, sa vie n’ofïre qu’unesuite d’infortunes. Ayant perdu sonfils unique, et voulant éviter les trou-bles qu’aurait pu faire naître sa succes-sion, il donna Jeanne I r \ sa petite-fille , et héritière du royaume, à An-dré de Hongrie, prince sans talent,avec lequel la pauvre princesse nepouvait manquer d’être malheureuse.Les infortunes que Robert prévoyaitaccablèrent sa constitution déjà atta-quée et bâtèrent sa mort (i343).
André se montra tellement insup-portable à la reine et au peuple,