Karte 
Atlas über die Entwicklung von Industrie und Handel der Schweiz in dem Zeitraume vom Jahr 1770 bis zum Jahr 1870 : = Atlas représentant le développement de l'industrie et du commerce de la Suisse dans la période de l'an 1770 jusqu'à l'an 1870 / im Auftrage der schweizerischen Commission für die additionellen Ausstellungen in Wien, bearbeitet von Dr. Hermann Wartmann
Entstehung
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INTRODUCTION.

Le 21 août 1872, Mr. le colonel Rieter à Winterthur ,commissaire général de la Confédération à l'Exposition universelle , m'invita à une conférence tendant à examinerde quelle façon l'on pourrait donner à Vienne un aperçudu commerce de la Suisse . Je lui proposai de faireun essai de représenter d'une manière graphique ledéveloppement de notre commerce et de notre in-dustrie dans l'espace compris entre les années 1770 et1870, et cela, en prenant comme point de départ lecommencement, le milieu et la fin de ce centenaire.

Cette idée me fut suggérée tout d'abord par mesétudes sur l'histoire de l'industrie et du commerce deSt. Gall ¹) si toutefois l'on peut parler d'études enpareille matière; ensuite il me semblait qu'une re-présentation graphique, telle que je me la figurais,conviendrait mieux à une exposition universelle que delongues descriptions ou des tableaux statistiques. Lemeilleur moyen de remplir, en ce qui concerne notrepays, le but assigné à l'exposition additionnelle, c'était,à mon avis, d'y indiquer d'une manière aussi intuitiveou, si l'on veut, aussi parlante que possible, les localités se fabriquent les principaux articles de notre industrieet les différents points du globe qui leur servent de dé-bouchés.

Ma proposition fut approuvée, non seulement parM. le commissaire général, mais encore par la com-mission suisse de l'exposition additionnelle et par sonprésident, M. le chef du département de l'Intérieur dela Confédération suisse. Au mois de Septembre je fuschargé de tenter l'essai dont j'avais parlé.

La première chose à faire, c'était de voir quelsdéveloppements on pourrait donner à ce travail, eu égardau court délai fixé pour son exécution, et de rechercherle mode le plus propre à mettre en oeuvre les élémentsqui devaient y entrer, de façon à offrir à l'oeil uneimage à la fois claire et satisfaisante. A ces deux pointsde vue, il importait de s'en tenir strictement auxbranches d'industrie qui font l'objet de notre principalcommerce d'exportation; il fallait éviter aussi d'établirà cet égard des distinctions trop subtiles et de multiplierles détails outre mesure. Les cartes devaient contenirtout ce qui est nécessaire pour donner une juste idéedes conditions de l'industrie et du commerce de notrepays, en en faisant ressortir les caractères essentiels:de plus amples particularités n'auraient servi qu'à dimi-nuer l'exactitude et la clarté de l'ouvrage, sans qu'ilen résultât, sous d'autres rapports, un notable profit. 2)Les matériaux dont j'avais besoin pour dresser lescartes me furent, en partie, fournis par les travauxdéjà existants; 3) j'en dus aussi un bon nombre auprécieux appui que voulurent bien me prêter les autoritéset les particuliers. Les publications antérieures mefurent surtout d'un grand secours pour les premierstemps; toutefois, les données qu'elles renfermaient ont,

1) Comparez: Industrie et commerce du canton de St. Gall, fin 1866. Ma-tériaux pour servir à l'histoire de l'économie politique et commerciale de laSuisse , I. St. Gall 1870. La 2e partie est sous presse.

2) Je laisse à d'autres à juger si j'ai touché bien juste sous ce rapport; mai,pour prévenir des malentendus, j'ajouterai ici que, dans le relevé des établisse-ments industriels, j'ai, à dessein, omis ceux qui ne servent qu' à des industriesdites auxiliaires, telles que: le blanchissage, l'apprêt et même la teinture.Une exception a été faite pour les teintureries de rouge d'Andrinople, qui ne sebornent pas à travailler sur commande, mais qui achètent et revendent lesétoffes pour leur propre compte, de sorte que la teinture du rouge d'Andrinoplepeut, à bon droit, être envisagée comme une industrie indépendante.

3) Des ouvrages imprimés auxquels j'ai eu recours, je n'en citerai quedeux qui, jusqu'ici, sont demeurés presque inconnus et qui, dans tous les cas,ne sont pas appréciés à leur juste valeur: le premier qui, du reste, n'a étéimprimé que comme manuscrit et dont l'auteur a bien voulu me remettre unexemplaire, c'est une Histoire abrégée de la fabrication des rubans à Bâle ,ouvrage rédigé d'après des documents authentiques par M. Bachofen . Le seconda pour titre: Un demi siècle de l'Histoire économique de Neuchâtel , de 1791 à1848, par A. Petit- Pierre, Neuchâtel 1871.

dans plus d'un cas, été utilement complétées par lesrenseignements que j'ai puisés auprès de nos plus an-ciennes maisons de commerce. Quant à se procurerdes données statistiques complètes et certaines pour lesdeux premières époques, il ne fallait pas y penser. Pourla troisième carte, par contre, je comptais utiliser unensemble de documents qui eussent été, plus que tousautres, de nature à servir de base à un exposénotre industrie moderne: je veux parler du relevé desétablissements industriels dressé lors du recensementfédéral de 1870. Mais je fus trompé dans mon attente.Lorsque je demandai au bureau fédéral de statistiques'il était possible d'obtenir de sa part un état completdes établissements industriels, la Direction me réponditlaconiquement qu'il valait mieux m'adresser à cet effetaux autorités des 22 cantons et aux personnes intéressées,attendu qu'il n'était pas aisé de compulser tous lesmatériaux du recensement pour établir la liste enquestion. Il fallait dès lors renoncer à profiter desdocuments rassemblés au bureau fédéral de statistique,bien que son Directeur eût reçu, après coup, du Dé­ partement fédéral de l'Intérieur l'invitation de faire fairele plus tôt possible l'extrait demandé, à l'usage de laCommission pour l'exposition additionnelle. ¹) Ainsi,même en ce qui concerne la 3e carte, je me vis enlevertoute possibilité de déterminer l'importance des diversétablissements par l'application rigoureuse d'une échellede signes bien gradués et basés sur des chiffresprécis; de désigner, par ex. les filatures par le nombrede broches, les ateliers de tissage par le nombre demétiers, les impriméries de tissus d'après celui desouvriers, les broderies d'après celui des machines, etainsi de suite. Il est vrai que, dans certains cantonset pour certaines branches d'industrie, les bons officesde quelques personnes dévouées me mirent en posessionde données très- sûres et très complètes. Néanmoins,pour bien des motifs, je ne pus songer à établir dansmon travail une statistique générale de nos fabriques.Dans ces circonstances, le seul but auquel il me fûtpermis de prétendre, c'était d'obtenir un tableau quireprésentât avec une justesse approximative 2) ladiffusion des différentes industries et la superficie qu'ellesoccupent. Je crois pouvoir dire que les indicationsfigurant sur cette carte et que je me suis efforcé derendre aussi exactes et complètes que possible nes'écartent guère de la réalité. J'ose espérer que ceux-même qui sont versés dans la matière voudront bienreconnaître que, dans leur ensemble, toutes les cartesdonnent une assez fidèle image des véritables conditionsde notre industrie, bien qu'une grande partie desmatériaux qui leur ont servi de base n'aient pas un

1) Quand eut éclaté la crise du bureau statistique en 28 Décembre 1872, ilne fut plus permis de songer à l' exécution de cet ordre. En revanche, M. Steiger,premier réviseur du bureau statistique a mis le plus aimable empressementà me fournir les matériaux qu'il m'était absolument impossible de me procurerpar une autre voie.

2) Quant aux établissements mécaniques de l'industrie cotonnière, j'avais àma disposition tous les renseignements désirables, de sorte que, sous ce rapport,l'échelle des signes destinés à représenter les diverses branches d'industriemécanique repose en majeure partie sur des chiffres exacts. A cet égard j'aiadopté la gradation suivante:

Filatures:

1. Etablissements ayant jusqu'à 10,000 broches

2.

3.

4.

de 10 à 20,000

20 à 50,000

"

"

au delà de 50,000

Tissages mécaniques:

jusqu'à 100 métiers

de 100 à 200

1. Etablissements

2.

3.

4.

ayant

"

"

200 à 300

"

de plus de 300

de 20 à 40 machines

Broderies :

1. Etablissements

2.

"

3.

4.

40 à 80

"

"

80 à 120

"

"

de plus de 120

"

caractère officiel. A cette occasion, je me fais un devoirde nommer ici les personnes qui me sont venues enaide dans mon entreprise. Ce sont principalement:

Mr. le colonel Gonzenbach, président du Direc-toire de commerce à St. Gall, Mr. le major Leumannà Mattwil, Mr. le colonel Trümpy à Glaris , Mr. leconseiller d'état Fierz à Zuric , Mr. Bühler, majord'état major à Winterthour , Mr. J. C. Brunner àNiederlenz et Mr. Geiser- Ryser, à Zofingen , pourl'industrie cotonnière des cantons de St. Gall,Appenzell , Thurgovie , Glaris , Zuric et Argovie .

Mr. C. Appenzeller, à Zuric , Feer- Zuber, àAarau , Mr. J. J. Fichter, père, et Mr. le professeurKinkelin à Bâle , Mr. Gasp. Camenzind, à Gersau ,pour les soieries des cantons de Zuric , Tessin ,Argovie , Bâle et des Quatre- cantons, Mr. Fleckenstein-Schulthess, à Wädensweil pour les lainages de laSuisse en général.

Mr. R. Weber, de la maison Conr. Walser,à Wohlen , et Mr. Schneuwly, à Fribourg , pour lespailles des cantons d'Argovie et de Fribourg .

Mr. le professeur Kopp, à Neuchâtel , Mr. Chopard ,maire de Sonvillier, et Mr. Karcher, secrétaire dela chambre commerciale à Genève , pour l'horlogeriedes cantons de Neuchâtel , Berne , Vaud et Genève .La nécessité de donner à mon travail un caractèrehomogène m'a empêché de mettre profit tous cesmatériaux, qui, à leur tour, reposaient bien souvent surde longues et pénibles recherches. Je ne saurais doncassez rendre hommage aux services empressés et audésintéressement de mes collaborateurs. ¹) J'exprimeen premier lieu ma vive et sincère reconnaissance àtous les particuliers et officiers publics dont j'ai cité lesnoms; je remercie non moins chaleureusement lesnombreuses personnes que je n'ai point nommées plushaut et qui ont eu l'obligeance de me renseigner surtelle ou telle question spéciale. A ce propos, je nepuis passer sous silence les soins apportés à l'exécutiondes planches par l'Institut topographique de M. M.Wurster, Randegger et Cie. à Winterthour , à quirevient la plus grande part dans la réussite de cetteentreprise. Puissent les résultats de notre communtravail persuader tous ceux qui y ont coopéré que leursefforts ne sont pas demeurés stériles! Puissent surtoutnotre ouvrage et les recherches qu'il a exigées, donnerune impulsion durable à d'ultérieures études de détaildans ce domaine presque inculte de notre histoirenationale. Il est à désirer que ce premier essai,que les circonstances dans lesquelles il est ontnécessairement rendre imparfait, engage les hautesautorités du pays à encourager la Société suisse decommerce et d'industrie dans ses efforts pour arriver àune bonne statistique du commerce et de l'industrieindigènes. Enfin nous formons tout particulièrementdes voeux pour qu'à l'occasion du recensement fédéralqui à lieu tous les dix ans, on recueille les donnéesnécessaires en vue de dresser un relevé graphiquetrès exact de notre industrie et de notre commercesur le plan adopté dans le présent ouvrage. Si cesvoeux pouvaient se réaliser, je m'estimerais amplementrécompensé de mes peines.

St. Gall, Juin 1873.

Dr. H. Wartmann.

1) J'ai les plus grandes obligations pour leurs communications aussi intel-ligentes que désintéressées à Mr. Gaspard Appenzeller, à Zurich , et à Mr. J. C.Brunner, à Niederlenz.