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Lorsque, après avoir quitté la roma-nesque Ferrare , on désire visiter lareine de l’Adriatique, Venise , cetteville dans laquelle la mode a, pendanttant de siècles , conduit les voyageurs,on peut faire le trajet par eau, en sui-vant le cours du Pô. Si l’on aime mieuxpasser d’abord par l’antique Padoue ,on traverse, au sortir de Ferrare , leReno , au pont de Lagoscuro, ensuitele Pô , enfin l’Adige . Il n’y a rien de■comparable à l’aspect que présente lesecond de ces fleuves ; son immense«tendue, les canaux qui viennent ver-ser dans son sein le tribut de leurseaux, les sites qui l’environnent, lesbarques qui voguent continuellementà sa surface , lui donnent un air de vieet de grandeur impossible à décrire.Mais le Pô est un fleuve terrible, dontles débordemens sont si dangereux que,dans toutes les provinces qu’il parcourt,on veille toujours attentivement à samarche. Irrégulier, impétueux, en-traînant dans son cours du limon etdu sable, il occuperait maintenanttoute la largeur de la plaine, si les ha-h.
bitans, jaloux de posséder le terraindisputé par le fleuve, n’avaient res-serré son lit entre des digues étroitesqu’il a fallu successivement élever pourrendre aux ondes en profondeur cequ’on leur retirait en largeur. Aussi,dans quelques endroits, le lit du Pôest-il de trente pieds au-dessus du ni-veau de la campagne environnante.Quelquefois le fleuve, méprisant lesbarrières qu’on lui oppose, se préci-pite avec furie dans la plaine, qu’ilinonde entièrement. Pour prévenir cemalheur, des gardes veillent sans cesseau maintien des digues , et empêchentqu’aucune barque ne navigue la nuit,et ne vienne les heurter. Le courrierde Venise est seul excepté de cette me-sure prudente. II parcourt librementa toutes les heures du jour et de la nuitle plus beau, mais le plus dangereuxdes fleuves de l’Italie .
Arqua , qui précède Padoue dequatre lieues, est la première villequ’on rencontre en quittant Ferrare .Cette petite cité est célèbre par letombeau de Pétrarque . Sur la route
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