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encore de grands secours dans d’autresoccasions, des habitans de Padoue .
Cette ville fut saccagée par Alaric,et ensuite par Attila , l’an 455 . Ses lia-bitans prirent la fuite; quelques-unsse retirèrent dans les lagunes, et y bâ-tirent des villages qui furent long-temps sous la juridiction des magis-trats de Padoue , jusqu’à ce qu’ayantformé la superbe Venise , cette coloniesubjugua son ancienne métropole.
Padoue fut brûlée et saccagée plu-sieurs fois.
Mais c’était à l’un de nos plus grandsprinces, à celui qui, dans le moyen-âge,réunit par un même lien les Barbareset les Romains, qu’il était réservé de
venger Padoue des injures du ciel. —Charlemagne en effet fit rétablir cetteville en 774 5 lorsque, vainqueur de Dé-sidério que Luitprand avait désignépour son successeur, il mit sur sa pro-pre tête la couronne des Lombards .
Lorsque les petits seigneurs envahi-rent l’Ilalie, Padoue eut le sort de tou-tes les autres républiques de cet empire.En 1287 elle tomba au pouvoir d’Az-zolino ou Ezzelino, de la maison deJiomano. Ce despote employa toute savie, tout son courage, tous ses talens,à fonder une tyrannie telle, que l’Italie ,ni peut-être le monde, n’en avait pointencore vu de semblable. Lart avec le-quel il usurpa la souveraineté au milieude républicains jaloux, les crimes parlesquels il la conserva, sa grandeur etsa chute, méritent d’être étudiés par lesamis de la liberté. Après avoir ravi aumarquis d’Este le titre de Podestat de laville de Padoue , qui était alors la pluspuissante des trois républiques Guelfesde la marche Trévisane ; après avoirfait périr don Jordan, prieur de Saint-Benoît, que l’on regardait comme unsaint, et qui échauffait par ses pré-dications , le courage des citoyens, il
tourna successivement ses armes contreles seigneurs de Carrara et les Advo-cati, contre le marquis d’Este, sonennemi capital, et même contre les vil-les de Feltre et de Bellune , qu’il sou-mit à sa puissance.
Un récit détaillé des crimes d’Ezze-lino serait trop révoltant : une simpleénumération de ses victimes ne pour-rait intéresser que ceux à qui leursnoms ne sont point inconnus ; mais cesnoms ne sont illustres que dans la Véné-tie . Parmi toutes ces victimes, il y eneut deux, qui signalèrent leurs derniersmomens par des ac tes d’un courage hé-roïque. Rainier de Bonello traduit de-vant le tribunal d’Ezzelino, en pré-sence de tout le peuple, fut accusé parlui d’avoir voulu livrer la ville de Pa-doue au marquis d’Este. Rainier nerépondit qu’en dénonçant au peuple l’ac-cusation d’Ezzelino lui-même, commeune infâme calomnie ; il ne doutaitpoint, dit-il, qu’un prompt supplice ne1 attendît; mais son vrai crime étaitd’avoir témoigné ses regrets de ce queles Padouans avaient confié à Ezzelinol’autorité souveraine, et de ce qu’ilsétaient si cruellement punis de leurfaute. Le tyran fit traîner sur la placepublique le courageux Rainier, et luifit trancher la tête.
Jean de Scanarola fut traduit devantHenri de Fgna, podestat de Vérone ,créature d’Ezzelino, digne decet hommesanguinaire. Quoique le prisonnier fûtchargé de chaînes et entouré de gardes,il s’élança tout-à-coup sur son juge, etle renversant de son tribunal, il lefrappa à la tête de trois coups d’un cou-teau qu’il avait caché sous ses habits.Le juge fut blessé mortellement, avantque les gardes eussent eu le temps demettre en pièces Scanarola , avecleurs hallebardes. Alors un proverbeItalien , terrible pour les tyrans, fut ré-