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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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LITALIE .

encore de grands secours dans dautresoccasions, des habitans de Padoue .

Cette ville fut saccagée par Alaric,et ensuite par Attila , lan 455 . Ses lia-bitans prirent la fuite; quelques-unsse retirèrent dans les lagunes, et y bâ-tirent des villages qui furent long-temps sous la juridiction des magis-trats de Padoue , jusquà ce quayantformé la superbe Venise , cette coloniesubjugua son ancienne métropole.

Padoue fut brûlée et saccagée plu-sieurs fois.

Mais cétait à lun de nos plus grandsprinces, à celui qui, dans le moyen-âge,réunit par un même lien les Barbareset les Romains, quil était réservé de

venger Padoue des injures du ciel.Charlemagne en effet fit rétablir cetteville en 774 5 lorsque, vainqueur de-sidério que Luitprand avait désignépour son successeur, il mit sur sa pro-pre tête la couronne des Lombards .

Lorsque les petits seigneurs envahi-rent lIlalie, Padoue eut le sort de tou-tes les autres républiques de cet empire.En 1287 elle tomba au pouvoir dAz-zolino ou Ezzelino, de la maison deJiomano. Ce despote employa toute savie, tout son courage, tous ses talens,à fonder une tyrannie telle, que lItalie ,ni peut-être le monde, nen avait pointencore vu de semblable. Lart avec le-quel il usurpa la souveraineté au milieude républicains jaloux, les crimes parlesquels il la conserva, sa grandeur etsa chute, méritent dêtre étudiés par lesamis de la liberté. Après avoir ravi aumarquis dEste le titre de Podestat de laville de Padoue , qui était alors la pluspuissante des trois républiques Guelfesde la marche Trévisane ; après avoirfait périr don Jordan, prieur de Saint-Benoît, que lon regardait comme unsaint, et qui échauffait par ses pré-dications , le courage des citoyens, il

tourna successivement ses armes contreles seigneurs de Carrara et les Advo-cati, contre le marquis dEste, sonennemi capital, et même contre les vil-les de Feltre et de Bellune , quil sou-mit à sa puissance.

Un récit détaillé des crimes dEzze-lino serait trop révoltant : une simpleénumération de ses victimes ne pour-rait intéresser que ceux à qui leursnoms ne sont point inconnus ; mais cesnoms ne sont illustres que dans la Véné-tie . Parmi toutes ces victimes, il y eneut deux, qui signalèrent leurs derniersmomens par des ac tes dun courage hé-roïque. Rainier de Bonello traduit de-vant le tribunal dEzzelino, en pré-sence de tout le peuple, fut accusé parlui davoir voulu livrer la ville de Pa-doue au marquis dEste. Rainier nerépondit quen dénonçant au peuple lac-cusation dEzzelino lui-même, commeune infâme calomnie ; il ne doutaitpoint, dit-il, quun prompt supplice ne1 attendît; mais son vrai crime étaitdavoir témoigné ses regrets de ce queles Padouans avaient confié à Ezzelinolautorité souveraine, et de ce quilsétaient si cruellement punis de leurfaute. Le tyran fit traîner sur la placepublique le courageux Rainier, et luifit trancher la tête.

Jean de Scanarola fut traduit devantHenri de Fgna, podestat de Vérone ,créature dEzzelino, digne decet hommesanguinaire. Quoique le prisonnier fûtchargé de chaînes et entouré de gardes,il sélança tout-à-coup sur son juge, etle renversant de son tribunal, il lefrappa à la tête de trois coups dun cou-teau quil avait caché sous ses habits.Le juge fut blessé mortellement, avantque les gardes eussent eu le temps demettre en pièces Scanarola , avecleurs hallebardes. Alors un proverbeItalien , terrible pour les tyrans, fut-