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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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DE FERRARE A PADOUE .

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pété de bouche en bouche : « Celui quiveut mourir, est maître de la rie d'un

roi. »

Mais les crimes du tyran devaientenfin recevoir leur châtiment. Inno-cent iv prêcha en 12 55 une croisadecontre le farouche Ezzelino. Peu de

temps avant deux gentilshommes ten-tèrent de délivrer la terre de ce mon-stre. Ils se nommaient Monté et Araldo ,et avaient été conduits à Vérone ,Ezzelino présidait alors, pour y êtremis en jugement. Nous emprunteronsle récit suivant à lhistorien Rollandini :

Ils arrivèrent devant le palais public,pendant quEzzelino était à table; ilsattirèrent son attention par leurs cris,et ils excitèrent tellement sa colère,quEzzelino sortit de table, et descendit

audevant deux,sans armes,en sécriant:

« Quils viennent à la male heure, lestraîtres. » Monté, dès quil laperçut,sarrachant des mains de ses gardes,sélança sur lui , et le renversa parterre. Tandis quil sefforcait denle-

ver au tyran le poignard quil croyaittrouver sous ses habits, et quen mê-me temps il lui déchirait le visage avecses dents, un garde trancha avec sonsabre la jambe droite du prisonnier;dautres mirent en pièces son frère, quivoulait le secourir. Monté, comme in-sensible à cette première blessure etaux coups quon ne cessait de lui por-ter , n abandonnait point sa proie, etfaisait d inutiles efforts pour létouffer.II périt enfin, mais sur le corps du ty-ran, quil avait déchiré de ses dentset de ses ongles, et qui fut long-tempsà se remettre de ses blessures et de sa

terreur.

Les efforts dInnocenit iv contre Ezze-lino ne furent pas inut iles ; une arméenombreuse se rassembla sous les or-dres de Philippe, légat da pape, et arche-vêque de ïtavennes. Le tyran sut cepen-

dant se maintenir sur un pied de guerrehonorable. Mais, dans le cours de lan-née 1259, son étoile vint à pâlir ; Ez-zelino fut fait prisonnier, tandis quilavançait lentement sur le chemin deBergame , après avoir reçu plusieursblessures qui mirent sa vie en danger.Lui pris, la guerre était terminée; ilne voulut point survivre à sa défaite ;envain 011 appela des médecins pour lesoigner ; il refusa leurs bons offices ; ilse plut à rouvrir lui-même ses bles-sures, et il mourut enfin le onzièmejour de sa captivité, à Soncino, soncorps est enseveli.

Padoue , délivrée du joug de ce tyran,dont le règne de sang avait duré trente-quatre ans, reprit aussitôt une formerépublicaine, qui se maintint jusquàlannée i3i8. Les Carrara ou Carra-resi eurent ensuite la principale auto-rité, mais ils lexercèrent avec modéra-tion , et pour le bien public.

Cette ville passa ensuite sous lapuissance des Scaligeri ; revint encoreaux Carrares : enfin elle se soumit àVenise en i 4 o 5 .

Son aspect est en général asseztriste; les rues, surtout dans la par-tie vieille , sont sales , irrégulières ,longues, étroites, et pavées en petitscailloux. Il est vrai que de chaque côtéil se trouve des portiques, beaucoupmoins beaux pourtant que ceux deBologne, mais qui procurent aux pié-tons 1 avantage de parcourir presquetoute la ville à 1 abri du soleil et de lapluie. Parmi les principaux édifices dePadoue , nous signalerons dabord lepalais de 1 Université. Ce monument,construit par Palladio, renferme lesécoles publiques, lAmphithéâtre da-natomie, et le Muséum dhistoire na-turelle.

Il Bo, le Bœuf (dune ancienne en-seigne ), est le nom que 1,'on donne au