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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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LITALIE .

bâtiment de luniversité padouane ; cetédifice est dune architecture grande etmajestueuse; la façade est ornée dequatre colonnes doriques cannelées, etla cour est environnée dun grand por-tique à deux étages.

Luniversité de Padoue est des plusanciennes et des plus célèbres; ellesubsistait déjà avant que lempereurFrédéric y transportât celle de Bo-logne , en 1222. Les professeursétaient dans la plus grande considéra-tion, et les nobles se faisaient honneurdentrer dans leur corps; même, dansles siècles les plus barbares, on y ac-courait de tous les pays. Cette antiqueuniversité , dont l'origine remonte aucommencement du treizième siecle, etqui a compté jusqu'à dix-huit mille éco-liers sil faut en croi re le ch i lire de M. De-lalande, nen a plus que mille. Sous le ves-tibule, on voit une bonne statue en mar-bre , qui représente la célèbre Hélène-Lucrèce Cornaro Piscopia, morte en1684 à trente-huit ans ; femme illustre,qui savait lespagnol, le français , lelatin,le grec, lhébreu , larabe; chantait sesvers en saccompagnant, dissertait surla théologie, lastronomie, les mathé-matiques , et fut reçue docteur en phi-losophie à luniversité. Depuis quelquesannées, on voit au cabinet de physiqueune vertèbre de Galilée ; cest la cin-quième lombaire ; elle fut dérobée parle médecin Florentin Cocchi , chargé,en 1737, delà translation des os de Ga-lilée à léglise Sainte-Croix de Flo-rence . Le doigt de ce savant, arrachépar une fraude pareille, est exposé à laLaurentignne. Singulière destinée ducorps de ce grand homme ! Lenvielemprisonna de son vivant, ladmira-tion le mit en pièces après sa mort.Toutefois, la vertèbre de Galilée nestpoint placée sans convenance à luni-versité de Padoue . Pendant dix-huit

ans, il y avait rempli la chaire de phi-losophie ; et ce fut en présence du dogeet des principaux de létat, quen 1609il fit ses premières expériences du té-lescope et du pendule.

La bibliothèque de luniversité ren-ferme soixante-dix mille volumes.Parmi les portraits qui ornent ce vastelocal, je remarquai celui de Pétrarque .Certes, il est à sa place ; car ce grandpoëte fut assurément un des plus intré-pides lecteurs connus, puisquil mourutdans sa bibliothèque, assis, la tête cour-bée sur un livre.

Le goût des sciences , des lettres etdes arts fut toujours très-vif à Padoue .Dès lan 1540, il se forma une académieà laquelle tous les beaux esprits de lI-talie se firent associer. Depuis ce temps-, on en a compté vingt autres. Mais laplus célèbre de toutes est celle des/fico-mztiqui recevait des femmes, usage quelacadémie française fut plusieurs foistentée dimiter. Sous Louis xiv, Char-pentier appuyait ladmission de mes-dames Scudéry, Deshoulières et Dacier.Dans le dernier siècle, les candidatsde dAlemhert furent, dit-on, mes-dames Necker, dEpinay et de Genlis ;de nos jours, la même propositionnaurait rien détrange, et les talenspoétiques de quelques femmes en fe-raient de fort dignes et fort agréablesacadémiciennes.

La façade du Palais de Justice , édi-fice fort ancien, rappelle le genre dar-chitecture arabe du palais des dogesde Venise, et, en effet, il fut construità peu près dans le même temps, cest-à-dire en 1172, par Pierre Cazzo, etachevé seulement en 1206.

Cette façade donne sur une assez belleplace, appelée Piazza deV erhe (placeou marché aux herbes) et place Salone(PI. 208), entourée de portiques. Cequon admire surtout dans cet antique