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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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h ITALIE .

vertissemens (le la place Saint-Marc avec les mêmes illusions, quil y avaitapportées, ce moment est passé; desimages de ruine et de désolation se ren-contrant dans tous les détails morauxet physiques, dissipent les visions delimagination, et jettent dans lâmeUne tristesse qui la fait sympatiseravec le malheur de cette ancienne etsuperbe reine de la mer.

Cet aspect de Venise a quelquechose de plus triste que celui des ruinesordinaires : la nature vit encore près decelles-, et quelquefois elle les décore;debout depuis des siècles, on sent qu el-les peuvent encore durer d autres siè-cles; quelles verront passer La puissancede leurs maîtreset d'autres empires; icices ruines nouvelles périront rapide-ment, et cette Palmyredq la mer, repri-se par lélément vengeur sur lequel elleétait une conquête, ne doit point lais-ser de traces ; il faut donc se hâterde visiter Venise et daller y contem-pler Ces tableaux du Titien , ces fres-ques du Tinloret et de Paul Véronèse ;ces statues, ces palais, ces temples, cesmausolées Sansovino et de Palladio,prêts à disparaître.

Venise est, dans toutes ses relations,une ville unique. Son origine, sa pros-périté, sa chute, nont rien dégal danslunivers. Cette république était, il y apeu dannées, létat le plus ancien delEurope . La même nation, toujours in-dépendante, toujours libre, avaitobser-, comme un beau spectacle, les révo-lutions de lunivers ; elle avait vu lalongue agonie et la fin de lempire ro-main en Occident ; la naissance de lem-pire français lorsque Clovis conquit lesGaules ; lélévation et la chute des Os-trogoths en Italie , des Visigoths enEspagne ; des Lombards, qui succédè-rent aux premiers ; des Sarrasins, quiésoédspèprent les seconds. Elleavaitvu

naître lempire des kalifes ; lavait vumenacer denvahir la terre, et bien-tôt se diviser et se détruire. Long-tempsalliée des empereurs de Byzance , elleles avait tour à tour secourus et oppri-més ; avait enlevé des trophées à leurcapitale, partagé leurs provinces, etjoint à ses titres celui de maîtresse dunquan et demi de lempire romain. Elleavait tomber cet empire, et les fa-rouches musulmans sélever sur ses rui-nes; elle vit enfin la monarchie fran-çaise sécrouler ; et seule inébranlable,cette orgueilleuse république contem-plait les royaumes et les nations quipassaient devant elle. Après tous lesautres, elle a succombé cependant à sontour; et le peuple, qui liait le présent aupassé, et enchaînait les deux époquesde la civilisation de lunivers, a cesséaussi dexister.

La nature même du pays quhabi-taient les Vénitiens fut la cause de leurlongue indépendance. Le golfe Adriati-que reçoit dans sa partie supérieuretoutes les eaux qui découlent de lapente méridionale des Alpes , depuis lePo, qui prend sa source sur le reversdes montagnes de Provence jusquà lI-sonzo, qui naît dans celles de la Car-niole. Lembouchure du plus méridio-nal de ces fleuves est éloignée de trentelieues de celle du plus septentrional, et,

dans cet espace, la mer reçoit encorelAdige , la Brenta, la Piave, la Liven-za, leTagliamento, et un nombre infinide rivières moins considérables. Chacu-ne delles entraîne, dans la saison despluies, des masses énormes de limon etde gravier; en sorte que la partie dugolfe qui les reçoit, comblée peu à peupar leurs dépôts, nest plus une mer,nest point encore une terre : on la nom-me lagune ; sous ce nom on comprendun espace de vingt ou trente milles delargeur à partir du rivage. La lagune,