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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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VENISE .

nommé Renaut , un capitaine normand,qui avait été engagé dans cette conspi-ration , par lentremise dune belleGrecque, et Jaffier,Provençal . » Saint- Réal a peint avec un rare bonheur lesirrésolutions de ce conjuré, les combatsqui se livraient dans son cœur, et ledésir de venger sa patrie des tyransqui lopprimoient, et la crainte nonmoins vive de voir la malheureuseVenise noyée dans le sang de ses habi-tans, et subissant un joug plus cruelencore que celui de ses magistrats.

* Cette funeste image, continueSaint-Réal, lobsède nuit et jour, lesollicite, le presse, lébranle. En vainil fait effort pour la chasser : plus ob-stinée que toutes les furies des fables,elle 1 occupe au milieu des repas, elletrouble son repos, elle sintroduit jus-que dans ses songes. Mais trahir tousses amis 1 et quels amis 1 intrépides, in-telligens, uniques en mérite dans le ta-lent chacun deux excelle; cestlouvrage de plusieurs siècles de join-dre ensemble une seconde fois unaussi grand nombre dhommes extraor-dinaires. Dans le point quils se vontrendre mémorables à la dernière posté-rité, faut-il leur ravir le fruit prêt àcueillir, de la plus grande résolutionqui soit jamais tombée dans lesprit dunparticulier? et comment périront-ils?par destourmens plus singuliers et plusrecherches que tous ceux que les tyransdes siècles passés ont inventés. Qui nesait quil y a telle sorte de prison àVenise , plus capable débranler la con-stance dun homme de courage que lesplus affreux supplices des autres pays?Ces dernières réflexions, qui atta-quaient Jaffier par son faible, le raffer-missaient dans ses premiers sentimens ;la pitié quil sentait pour ses compa-gnons balançait dans son âme celleque la désolation de Venise y excitait;

et il continua dans cette incertitudejusquau jour de lAscension, auquellexécution avait été remise.

» On reçut dès le matin des nouvellesdu capitaine. Il mandait quil répondaitde la flotte; quelle allait aux environsde Maran; quen même temps quon en-verrait au lazaret quérir les troupes deLievestein, on fît partir une barquepour lui en donner avis, et quil atten-drait cet avis pour commencer dagirde son coté On envoya à Haillot lesguides quon lui avait promis. On in-troduisit, dans le clocher delà Procura-tie de Saint-Marc, des hommes apos-tés, qui avaient quelque habitude avecceux qui y faisaient garde, et qui lesassoupirent par le moyen de drogueset dodeurs propres à cet effet, mêléesdans des viandes et dans des breuvages,et en les faisant boire et manger avecexcès à loccasion de la réjouissance pu-blique du jour. On donna lordre à desofficiers quon choisit de semparerdes maisons des sénateurs qui étaientplus à craindre, et de les tuer. Onmarqua à chacun la maison il devaitsattacher ; de même à chacun des prin-cipaux conjurés et des autres officiersle poste quil devait occuper, leshommesquil lui l'allait, il les prendrait, lemot pour les reconnaître, et le cheminpour les conduire. On fit savoir aussiaux troupes du lazaret, aux Espagnolsde la petite flotte, et aux mille Hollan-dais qui étaient déjà dans Venise ,comment ils se devaient répartir depuisla place de Saint-Marc , tous de-vaient se rendre, les lieux quils devaientoccuper , les commandans qui leurétaient destinés, et le mot pour les re-connaître. On fit visiter par des gensnon suspects la fuste du conseil des dix,et on trouva lartillerie en état de ser-vir

» Jaffier eut la curiosité de voir la-