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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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LITALIE .

nous renvoyons le lecteur. Ce quenous avons dit, suffira à faire con-naître un homme, qui résume toute lalittérature de son temps. Il fut lesprit-géant, lhomme unique. Ses dialoguessont assurément ce que lon a écrit deplus immonde. Jamais les païens, quiavaient divinise la volupté brutale, neparvinrent à ce degré de raffinement etde véhémence dans la luxure , dontlArétin a donné lexemple sous la loichrétienne, en face de la papauté. LA-retin est le viveur par excellence ; ila considéré lart comme gagne-pain, ila mis son esprit au service de son ventre,il a tout exploité au profit de ses sens;et, sous ce rapport, lArétin , linfâmeArétin , quoique à la fin du qua-*torzième siècle, peutêtreregardécommele contemporain du dix-neuvième.

En dedans comme en dehors, léglisede Saint-Marc offre un mélange hétéro-gène des images de toutes les croyances,mais rien ne rappelle plus purement lafoi catholique que le petit espacelempereur Barberousse se prosternapour baiser les pieds du pape Alexan-dre m en 1177. Le pape mit son piedsur le cou de lempereur, qui, plein dehonte et dindignation, tâcha de di-minuer son humiliation, en disant :Non tibi , sed Petro (ce nest pas à toi,mais à Pierre que je me soumets). Etmihi et Petro (et à moi et à Pierre), ré-pliqua le pontif hautain. Cette scèneest le sujet dun beau tableau dans lepalais Ducal.

Le clocher de léglise est un ouvragehardi, solide, commencé au dixièmesiècle et fini au seizième. On arrive ausommet par un chemin, par un véritablesentier, car lescalier est uni, construiten briques, et dépourvu de degrés. Duhaut de ce clocher, la mer, Venise ausein de la mer, léclatante verdure deschamps, la terre-ferme, les cimes blan-

chies des alpes du Frioul, la multitudede petites îlesgroupéesavecgrâceautourde cette importante cité, offrent unpoint de vue qui tient du prodige.

La Loggietta , au pied de ce clocher,est un élégant édifice de larchitecturede Sansovino . La partie du trésor dé-posée à léglise de Saint-Marc (lautremoitié, composée de vases, précieux, depierres dures orientales enchâssées doret d argent, est a la monnaie) peut êtreregardée , je crois, comme un des plusvastes reliquaires du monde ; on diraitune espece de charmer sous verre, vuà la lueur de cierges, et de flambeaux : sont exposés des morceaux, tropnombreux, de la vraie croix, le clou,léponge, le roseau, instrumens de lapassion du Sauveur ; le couteau qui luiservit lors de la cène, et dont le mancheoffre quelques caractères hébreux sieffacés, que Montfaucon ne put les lire ;de la terre du pied de la croix, imbibéede sang divin ; lhumérus de saint Jean-Baptiste, enfin lévangile manuscrit desaint Marc.

La basilique forme à lorient lundes côtés de la place de Saint-Marc , quisur les trois autres nest égalementcomposée que de trois édifices, savoir:au midi , le Palais-Royal ; au couchant,un bâtiment neuf dunehelle construc-tion , élevé sur lemplacement de lan-cienne église de Saint-Gemi nien, appeléeNuova Fabbrica, et qui fait égalementpartie du Palais-Royal ; au nord, un bâ-timent magnifique, darchitecture mo-resque, appelé les procuratie Vecchie ,parce quil servait autrefois de logementaux procurateurs, dignitaires de la ré-publique; cet édifice est devenu unehabitation particulière. Le dessousde ces trois côtés, ainsi quau palaisroyal à Paris , forme des portiques ougaleries ouvertes, composées de centvingt-huit arcades, soutenues par des