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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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LITALIE .

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plaindre, ou dont ils étaient jaloux.La flotte victorieuse avait fait voilepour Venise , le jour de lAscension , etlanniversaire en fut depuis célébrédune manière simple et grossière,conforme aux mœurs de ce temps-.Environ deux cents ans plus tard, lepape Alexandre m, fuyant les persécu-tions de lempereur Barberousse, vintchercher un asile au milieu des lagu-nes, et les Vénitiens , étant parvenus àconcilier les différents de ces deuxgrands personnages, virent lempereurrecevoir à genoux, dans leur église deSaint-Marc, labsolution du pontife fu-gitif. Celui-ci sacquitta envers euxdune manière caractéristique, en leurdonnant linvestiture de lAdriatique ,et le jour choisi pour cette cérémoniefut lanniversaire de la victoire navaleremportée sur les pirates de Narenta.Or, le symbole de linvestiture féodale ,semblable à celui du mariage, est unanneau , et de lidée populaire quisétablit dans la suite, des épousaillesdu doge, ainsi que les mots sacramen-taux introduits dans cette cérémonie. Lebâtiment, à bord duquel la cérémonieavait eu lieu, ne fut point dabord leBucentoro ; car larrêté du sénat véni­ tien , qui en ordonnait la construction,date du commencement du quatorzièmesiècle, etilestainsi conçu : Quod fabri-cetur navigium ducentorum hominum,etc. « Quil soit construit un navirede deux cents hommes. » Ducentorumdevint ensuite par corruption Bucen-toro.

Le vaisseau avait trois ponts de centpieds de long sur vingt-deux pieds delarge; il était mis en mouvement parcent soixante huit rameurs, placés surle pont inférieur, et par un grand nom-bre de barques qui le remorquaient.

Le jour de lAscension occasionnait àVenise une seconde espèce de carna-

val, quon appelait carnaval dété, àcause de la cérémonie des épousaillesde la mer, et quon appelait la fête deYAssensa. Elle se faisait réellement cejour-, à moins que le mauvais tempsne la fit remettre au premier ou ausecond dimanche daprès, cest-à-direjusquà ce que le temps fût favorable.La principale cause de cette remiseétait que le Bucentaure , sur lequelsembarquait lesénat, nétai t quun vais-seau de parade, lon donnait tout àla décoration ; il ne pouvait pas aisé-ment se lester, et il nétait pas assezfort pour résister à la violence des flots.La remise de cette fête dépendait de la-miral, commandant le Bucentaure, etdu pilote qui répondait sur sa têtedu retour de sa seigneurie à Venise .«Le Bucentaure (nous citons Delalande )est remorqué ou tiré avec des cordespar des barques pleines de rameurs;sur la poupe on arbore le pavillon deSaint-Marc, qui est à fond rouge, a-vec un lion dans le milieu : on y remar-que encore une très-grande avance enforme de bec de poisson, sur laquelleest un lion dor sculpté ; enfin on y pla-ce lombrello, ou parasol du doge, etles huit étendards de la république.

« Le Bucentaure se rend ainsi au Lido,qui est à deux milles de Venise , aubout de la lagune, dans un endroit commence la pleine mer : sefuit la cérémonie des épousailles. Ledoge se lève, et lon abat le dos-sier de son fauteuil, qui est une es-pèce de bascule, cest par- quil jettelanneau dans la mer, en disant : Des-ponsamus te , mare, in signum périperpetuique dominii ( nous tépousonsô mer, en signe dune véritable et per-pétuelle domination ). On tire le ca-non des châteaux voisins, et les accla-mations générales annoncent la joiepublique. Le doge revient entendre