arabesques du casin charmant do lagrotte, montrent que Jules Romain étaità la fois inspiré de Michel-Ange et deRaphaël ; une pareille imitation n’estpas moins admirable que la création.Malheureusement ces peintures ont étéretoucîiées, et elles ne présentent plusque la composition et le dessin de leurimmortel auteur.
La promenade di Pietola, à deuxmilles de Mantoue , est un pèlerinagelittéraire, que les voyageurs manquentrarement de faire. On s’éloigne de laville par une porte dont le nom héroïque,Tirésia, a vulgairement reçu la formeignoble de Cirèse . Le titre véritable decette porte rappelle l’origine fabuleusede Mantoue , et l’antique tradition d’a-près laquelle on dit qu’elle a été fondéepar Ocnus, fils de Tibérinus (qui avaitépousé Manto, fille du fameux devinTirésias ), et qu’Ocnus lui donna lenom de sa mère.
Ille etiam patriis agmen ciet Ocnus ab oris,FatidicæMantûs etTusci filius amnis,
Oui muros malrisque dédit tibi, Mantua , nomen.
Vino. En. x, 198.
Avant d’atteindre Pietola, on trou-ve une grotte regardée par l’enthousias-me virgilien des habitons , comme unasile que la nature semblait avoir for-mé pour être le confident des premièresinspirations du cygne de Mantoue . Ensortant de cette retraite consacrée parde touchons souvenirs, examinons avecsoin le paysage environnant. Le livrede Virgile à la main, nous trouveronsà chaque instant l’occasion d’appliquerles vers du poëte. Ici les roseaux a voi-lent d’une couleur verte le marais oùle Mincio s’est répandu ; » et plus loin,« le fleuve s’avançant à pas tardifs , etcond uisantcinquan te solda ts au secoursde Mézence. »
Nous pourrions aisément continuer
celteétude de Virgile , faite sur les lieuxmêmes, mais ces souvenirs classiquesnous entraîneraient trop loin. Bornons-nous à indiquer au lecteur que, malgréla pompe et la richesse prodiguées parle poëte dans les descriptions qu’il faitde sa chère patrie, la nature de Man-toue , douce, simple, féconde, est loind’avoir l’éclat oriental qu’on pourraitlui supposer, d’après certains traduc-teurs.
Pietola, qu’une tradition incertaineregarde comme l’ancienne Andès , pa-trie de Virgile , s’ollre maintenant à nosregards. La maison dite Virgiliana etqu’habitait
E quell’ ombra gentil per cui si nomarietola più che villa Mantorana.
Dante , Purg. cant. 18 v. 83.
Cette ombre gracieuse , qui reudPietola plus oé*lèbre qu’aucun lieu du Mantuan, me parut fortdélabrée, et tout-à-fait digne des soins d’un autrevieillard du Galèse.
Les souvenirs dp favori d’Auguste etdu chantre de l’Enéide conduisent dou-cement le voyageur devant Crémone.La route suit les bords du lago di So-pra, et dès qu’on s’en éloigne on entredans la montagne Borghetto. Cette di-rection, qui est celle de l’ancienne voiePosthumia, traverse de jolis villages,abreuvés par de nombreux ruisseauxmurmurans et limpides. La tour de Cré-mone, qui se découvre au loin, est unedes plus hardies etdes plus renomméesparmi les tours gothiques de 1 Italie .
La ville a la forme d’un vaisseaudont cette grande tour serait le mât.Elle est propre et belle ; ses rues sontlarges, droites et bordées de grandspalais dans un style gothique, un petitcanal, appelé la Cremonella, passe sousles édifices, et, après avoir rempli lesfossés, va se jeter dans l’Oglio . Rendons-nous immédiatement à la place