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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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DE VENISE A MILAN .

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de la cathédrale. De ce point, commedun observatoire intéressant nous em-brasserons dun seul coup d œil la bellefaçade de la basilique le Campanile,appelé Torazzo (PI. 229), et enfin leBaptistère . En parcourant rapidementdu regard la cité tout entière, voiciles monumens qui mériteront une partdans nos souvenirs : dabord le palaispublic, à linscription .si bizarre,chaque régime est au-dessous de sonverbe :

Hic locus odit, amat, punit, conservât, honorât,Nequitiera, pacem, crimina, jura, probos.

Ce lieu liait -aime -punit -maintient-honoreLa perversité -la paix -les crimes -les droits -les bons.

Nous remarquerons aussi la maison le maréchal de Villeroyfut surprispar le prince Eugène, quoiquil cettemême pointe du jour, au rapport deSaint-Simon, le maréchal lût déjà oc-cupé à écrire tout habillé dans sa cham-bre.

On ne saurait parler de Crémonesans citer la fabrication dinstrumensà cordes, si importante autrefois danscette ville. Les violons surtout avaientune réputation extraordinaire, et cha-cun de nous a lu avec un plaisir indé-finissable la création fantastique duprestigieux Hoffmann, à propos dunviolon de Crémone. Amati et Stradi-varius ont été les luthiers les plus célè-bres de cette ville. Amati a laissé desfils très-habiles, et fondé une école.On possède encore quelques-uns desviolons que Charles IX , roi de France,fit faire à Crémone parle père, ils sontà quatre cordes, et dun très-beau mo-dèle. Les violons dAmati ont encoreune grande réputation; et ceux quisont authentiques ont beaucoup deprix; ils rendent des sons extrême-ment doux, mais un peu sourds. Les

violons de Stradivarius on t plus déclat ;ils ne le cèdent en rien à ceux dAmati pour la beauté et lélégance des patrons,ils sont moins bombés et même presqueplats, lis ont moins de suavité, maisplus de sonorité.

De Crémone nous conduirons lelecteur à Brescia . En approchant decette ville, les montagnes situées à ladroite de la route, et dont lariditérappelle celle des Apennins volcanisés,séloignent et se retirent derrière descollines fertiles et parsemées de joliesmaisons de campagne. Dans ces con-trées , les maisons ne sont pas commedans une partie de lItalie méridionale,de belles fabriques sans ombrage; icielles ont de la fraîcheur ; de joliesavenues darbres divers y conduisent,et des bosquets, de riantes prairies etde belles plantations en doublent lagré-ment.

Veggio Bresciane donne iniquo spiglioFarsi de ben forbiti pugnaletti,

Cui prora o amante infido, sposo vig\io.

*w«****v.a ^uiJituupier crueiiileurs poignards bien aiguisésde punir lamant infidèle ou le

usé.

Brescia est une ville riche, indu-strieuse et peuplée; elle possède debeaux tableaux, de grands édifices;mais je fus un peu distrait de ces diversmérites à mon premier voyage par ladécouverte d un temple antique, ruinesuperbe dont jai depuis, chaque année,suivi les fouilles avec intérêt. En con-templant pour la première fois ces bellescolonnes de marbre depuis si long-temps cachées, je ne pouvais me défen-dre dune sorte de respect pour cetteterre qui produit également les mer-veilles de lart et les biens de la nature ;terre quil suffit de creuser pour en