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de la cathédrale. De ce point, commed’un observatoire intéressant nous em-brasserons d’un seul coup d œil la bellefaçade de la basilique le Campanile,appelé Torazzo (PI. 229), et enfin leBaptistère . En parcourant rapidementdu regard la cité tout entière, voiciles monumens qui mériteront une partdans nos souvenirs : d’abord le palaispublic, à l’inscription .si bizarre, oùchaque régime est au-dessous de sonverbe :
Hic locus odit, amat, punit, conservât, honorât,Nequitiera, pacem, crimina, jura, probos.
Ce lieu liait -aime -punit -maintient-honoreLa perversité -la paix -les crimes -les droits -les bons.
Nous remarquerons aussi la maisonoù le maréchal de Villeroyfut surprispar le prince Eugène, quoiqu’il cettemême pointe du jour, au rapport deSaint-Simon, le maréchal lût déjà oc-cupé à écrire tout habillé dans sa cham-bre.
On ne saurait parler de Crémonesans citer la fabrication d’instrumensà cordes, si importante autrefois danscette ville. Les violons surtout avaientune réputation extraordinaire, et cha-cun de nous a lu avec un plaisir indé-finissable la création fantastique duprestigieux Hoffmann, à propos d’unviolon de Crémone. Amati et Stradi-varius ont été les luthiers les plus célè-bres de cette ville. Amati a laissé desfils très-habiles, et fondé une école.On possède encore quelques-uns desviolons que Charles IX , roi de France,fit faire à Crémone parle père, ils sontà quatre cordes, et d’un très-beau mo-dèle. Les violons d’Amati ont encoreune grande réputation; et ceux quisont authentiques ont beaucoup deprix; ils rendent des sons extrême-ment doux, mais un peu sourds. Les
violons de Stradivarius on t plus d’éclat ;ils ne le cèdent en rien à ceux d’Amati pour la beauté et l’élégance des patrons,ils sont moins bombés et même presqueplats, lis ont moins de suavité, maisplus de sonorité.
De Crémone nous conduirons lelecteur à Brescia . En approchant decette ville, les montagnes situées à ladroite de la route, et dont l’ariditérappelle celle des Apennins volcanisés,s’éloignent et se retirent derrière descollines fertiles et parsemées de joliesmaisons de campagne. Dans ces con-trées , les maisons ne sont pas commedans une partie de l’Italie méridionale,de belles fabriques sans ombrage; icielles ont de la fraîcheur ; de joliesavenues d’arbres divers y conduisent,et des bosquets, de riantes prairies etde belles plantations en doublent l’agré-ment.
Veggio Bresciane donne iniquo spiglioFarsi de’ ben forbiti pugnaletti,
Cui prora o amante infido, sposo vig\io.
— *w«****v.a ^uiJituupier crueiiileurs poignards bien aiguisésde punir l’amant infidèle ou le
usé.
Brescia est une ville riche, indu-strieuse et peuplée; elle possède debeaux tableaux, de grands édifices;mais je fus un peu distrait de ces diversmérites à mon premier voyage par ladécouverte d un temple antique, ruinesuperbe dont j’ai depuis, chaque année,suivi les fouilles avec intérêt. En con-templant pour la première fois ces bellescolonnes de marbre depuis si long-temps cachées, je ne pouvais me défen-dre d’une sorte de respect pour cetteterre qui produit également les mer-veilles de l’art et les biens de la nature ;terre qu’il suffit de creuser pour en