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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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64 LITALIE .

faire sortir des chefs-dœuvre ou degrands souvenirs, et qui nest pas moinsféconde en fruits quen monumens.

Le Musée ( Museo délia patria ) estconstruit sur les ruines et les fonda-tions mêmes dun ancien temple païen,que les uns appellent dHercule , quoi-quon nait rien trouvé dans les fouil-les qui pût le faire croire, que dautressupposent avoir été élevé en lhonneurde Vespasien , à cause dune inscrip-tion relative à cet empereur quon ya découverte, tandis que dautres, aleur tour, le croient élevé à la Vic-toire, depuis quon a retiré des dé-combres une fort belle statue en bronzereprésentant cette déesse.

Quoi quil en soit, quelques ruinesde ce temple ayant été découvertesen 1823, on en continua les fouilles,et lon trouva les restes d un superbeportique orné de deux rangs de co-lonnes cannelées, dordre corinthien,construites en belles pierres du pays ,espèce de schiste imitant le marbreblanc, mais dun plus gros grain.

Jai passé plusieurs jours à Brescia ,qui me fut montrée en détail par unde ses habitans les plus distingués.Voici le résultat de mes observationssur les principaux monumens de laville. La révolution de 1797 et la des-tination nouvelle du vieux palais Bro-letto ont presque effacé les traceshistoriques qui avaient noblementconsacré cette ville. Jaurais voulu yretrouver la haute antenne de ce car-roccio (1), conquis sur les Crémonais,en 1191, dans la sanglante journée deRudiano. Ce symbole de la liberté re-

(1) Le carroccio était un char porté sur quatreroues et traîné par quatre paires de bœufs. Il étaitpeint en rouge; les boeufs qui le traînaient étaientcouverts jusqu aux pieds de tapis rouges; une an-tenne également peinte en rouge s devait au mi-lieu du char à une très-grande hauteur; elle était

ligieuse et guerrière des républiquesdu moyen âge , ainsi que le portrait decette Brigitte Avogadro , qui , à latête des femmes de Brescia , repoussavaillamment, en i4ia, lassaut donnépar le redoutable Piccinino , auraientété pour moi des trophées plus inté-ressans que tous les souvenirs moder-nes.

En songeant à Bayard, je recher-chai la maison qui avait pu recevoirlillustre chevalier , lorsque blessé,après avoir le premier franchi à piedle rempart et avoir repoussé ce mes-sire André Critti, qui criait à sesgens, en son langage italien : « Te-nons bon , mes amis ; les François se-ront tan tost lassez , ils nauront que lapremière pointe. Et si ce Bayard étoitdeffaict, jamais les autres napproche-roient. » ; il disait au seigneur de Mo*lart : «Compagnon , faictes marchervos gens , la ville est gagnée ; de moyje ne sçaurois tirer oultre , car je suismort». Daprès ces conjectures assezraisonnables, Bayard , frappé au Mar-ché-Neuf, a être porté dansmaison de la famille Cevola ou Ci-gola, située sur cette place. La scènedadieux de Bayard, décrite mille fois,est dans la mémoire de tout le monde.

Le plus bel édifice de Brescia estle palais municipal de la Loggia. Lin-cendie qui le consuma en 1doitlaisser de vifs regrets : alors fut dé-truite la grande salle du palais, trouvéeadmirable par Palladio , ainsi quetrois tableaux du Titien , dont lunétait la forge des cyclopes , fabricansdarmes à feu , sujet fort convenablepour Brescia , célèbre de tout tempspar ses fusils de chasse. Dans la salle

terminée par un globe doré. Au-dessus, entre deuxvoiles blanches, flottait létendard de la commune;plus bas encore, et vers le milieu de lantenne, unchrist placé sur la croix, les bras étendus, sem*friait frénir larmée.