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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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DE VENISE A MILAN .

du conseil, un grand tableau repré-sente la condamnation, en 1710, duprêtre Joseph Beccarelli par le po-destat. Ce fut le dernier acte de lin-quisition à Brescia . Lhérésie de Becca-relli paraît avoir été une espèce da-mour pur , de mysticisme mêlé despiritualité et de sensualisme; il prê-chait , dit-on , que , tandis que lâmeétait unie à Dieu par loraison , lecorps pouvait faire ce qui lui plaisait.Beccarelli, condamné aux galères, ob-tint une commutation de peine , etmourut en prison à Venise. Brescia est une des villes dItalie dans lesquellesse sont manifestés, à diverses reprises,des symptômes de schisme et de ré-forme.

Léglise Saint-François , qui pos-sède quelques bons tableaux , offreun souvenir littéraire caractéristiqueet singulier. Ce fut que, le 24juin 14^5 , Barthélemi Baiguera fitlecture au peuple , après la prière , deson itinéraire dItalie , comme Héro-dote avait lu à la Grèce assemblée sonhistoire, autre itinéraire primitif,plein de poésie et de naïveté. Avantlinvention de limprimerie , ces lectu-res publiques étaient fréquentes ; aussila littérature avait-elle peut-être alorsplus de popularité quaujourdhui : lesvers du Dante étaient tant bien quemal chantés par des artisans qui, depuisla propagation des lumières, ne sensoucient guère.

Le Campo - Santo de Brescia, com-mencé en 1815, est dans son genre ungrand et beau monument qui fait hon-neur à larchitecte, M. Vantini. Lestombeaux sélèvent coutre le mur dansla forme des columbarium antiques.Par une fantaisie dartiste italien ,dassez mauvais goût, les figures enbuste, peintes à la voûte de la chapelle,sont des portraits de personnes de laL.

société de Brescia : tous ces saints ettoutes ces saintes, coiffes à la mode ,forment une espèce de cercle , et se-raient mieux placés dans un salon quedans lasile des morts. Un terrain apart a été destiné aux suicidés : cétaitréaliser le désir de Platon .

Mais il est temps de prendre congéde Brescia . Le tableau sommaire quenous avons tracé de cette ville doitavoir appris au lecteur quelle estagréable, bien bâtie (PL 2 3 o- 23 i),et assez commerçante. Elle a toujoursété célèbre pour la fabrication des ar-mes à feu, ainsi que le prouve ce pro-verbe italien -.Tu ta Brescia non arme-rebbe un coglione : « Cest en vain queBrescia voudrait armer un poltron. »Milan avait eu dabord à cet égard laplus grande réputation , comme on levoit dans Brantôme ; ensuite ce com-merce passa presque tout entier à Bres-cia ; actuellement il y est fort déchu,depuis que la guerre des Vénitiensavec les Turcs fit défendre lexporta-tion des armes.

Le peuple est plus industrieux,plus cultivé à Brescia que dans laplus grande partie de lItalie ; cepen-dant les haines féroces et les jalousiescruelles sy trouvent encore fréquem-ment; on prétend quil se commettaitdernièrement encore deux cents assassi-nats par an dans la ville ou dans leterritoire ; mais cest surtout dans lamontagne que ces crimes avaientlieu. Les assemblées des jours de fêtessont presque toujours marquées parquelque vengeance préméditée, oupar quelque querelle sanglante parmiles gens du peuple.

A quinze milles de Brescia , aupied dune jolie colline , sélève la villede Polazzolo , située dans une positioncharmante ; elle sert comme davenue- à une autre cité plus importante,