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vers laquelle nous dirigeons nos pas.Laissons à notre droite la jolie rivièredel Oidio , dont les bords sont aussifertiles que rians et pittoresques ; ad-mirons la richesse de cette contrée,où les terres ne se reposent presque ja-mais, et produisent même deux récoltespar an, et malgré la fatigue de la rou-te, embarrassée par les fragmens degranit, de quartz et de spath, nousatteindrons Bergame , avec les im pres-sions agréables que produit toujourssur l’esprit l’aspect de l’industrie deshommes et de la luxuriance du sol.
Bergame (PI. a3a) est divisée en deuxparties ; savoir : la ville proprementdite, ou cité , située sur une monta-gne ; et le faubourg Saint- Léonard ,sur le bord d’un ruisseau. En gravis-sant la montagne où se trouve la pre-mière partie de Bergame , je trouvaisbien extraordinaire le goût des pre-miers habitans, qui avaient préférél’aridité de cette colline à la richessede la belle plaine qui l’environneMais, lorsque je fus parvenu au som-met de la montagne , je restai muetde' ant la magnificence du spectale quim’apparaissait alors. Qu’on se figureune plaine immense , d’une richesseextraordinaire , bornée au levant et aumidi par un horizon lointain , au cou-chant par des montagnes, des colli-nes parsemées d habitations , et revê-tues d’une magnifique draperie devigne ! Voilà le tableau sublime quicaptiva mon attention pendant plusd’une heure , et que j’aurais pu , jecrois, admirer tout un jour sans melasser.
De cet endroit, d’où mon œil pou-vait embrasser toute la ville, je me plai-sais à considérer les clochers , lestoits les statues du faîte des édifices,les tourelles qui formaient comme unecité aérienne» Puis, a 1 aide de 1 imagi-
nation, je reconstruisais la cité terres-tre, dont je ne voyais que la cime. Cedôme, me disais-je, est celui de lacathédrale , ancien monument desLombards Ariens, et dont la sacristieest citée pour ses chefs-d’œuvre depeinture. Ce clocher, qui touche pres-que au dôme de la cathédrale , appar-tient à la. plus ancienne église de Ber-game , Sainte-Marie-Majeure _, dontla façade montre les premières tracesde l’antique puissance de Venise . Cesautres églises, dont le faite monte versle ciel , du milieu des autres bâtimensde la ville, comme une prière du mi-lieu delà confusion des hommes, sontcelles de Saint-Erasme , de Saint-An-dré, remarquables par leurs tableaux*de Saint-Alexandre, patron de la ville,de Santa-Grata , petite église dereligieuses bénédictines , qu’on peutconsidérer comme un véritable salonpour l’éclat de sa dorure et le goût deses ornemens.
Voici maintenant la bibliothèquede Bergame , composée par les donsvolontaires des habitans. A ce propos,qu’il nous soit permis de rendre jus-tice au patriotisme d’art et de cité siremarquable chez les Italiens , qui faitexcuser en eux l’absence d’esprit pu-blic et de patriolisme politique Leurdisposition à s enorgueillir de leurs ar-tisLes donne naissance à une sorte debienveillance partiale assez singulière.Nostro Veronese, nostro Veneziano ,nostro Ferrarese, Bolognese', sont desexpressions du langage ordinaire ,pour désigner quelque talent compa-triote. Cette particularité est encoreune preuve à l’appui de cette vérité,que l’Italie est toujours la terre desarts , non pas peut-être par l’excel-lence et la supériorité des artistesitaliens des derniers siècles , mais parcette continuité, cette régularité de