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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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LITALIE .

vers laquelle nous dirigeons nos pas.Laissons à notre droite la jolie rivièredel Oidio , dont les bords sont aussifertiles que rians et pittoresques ; ad-mirons la richesse de cette contrée, les terres ne se reposent presque ja-mais, et produisent même deux récoltespar an, et malgré la fatigue de la rou-te, embarrassée par les fragmens degranit, de quartz et de spath, nousatteindrons Bergame , avec les im pres-sions agréables que produit toujourssur lesprit laspect de lindustrie deshommes et de la luxuriance du sol.

Bergame (PI. a3a) est divisée en deuxparties ; savoir : la ville proprementdite, ou cité , située sur une monta-gne ; et le faubourg Saint- Léonard ,sur le bord dun ruisseau. En gravis-sant la montagne se trouve la pre-mière partie de Bergame , je trouvaisbien extraordinaire le goût des pre-miers habitans, qui avaient préférélaridité de cette colline à la richessede la belle plaine qui lenvironneMais, lorsque je fus parvenu au som-met de la montagne , je restai muetde' ant la magnificence du spectale quimapparaissait alors. Quon se figureune plaine immense , dune richesseextraordinaire , bornée au levant et aumidi par un horizon lointain , au cou-chant par des montagnes, des colli-nes parsemées d habitations , et revê-tues dune magnifique draperie devigne ! Voilà le tableau sublime quicaptiva mon attention pendant plusdune heure , et que jaurais pu , jecrois, admirer tout un jour sans melasser.

De cet endroit, d mon œil pou-vait embrasser toute la ville, je me plai-sais à considérer les clochers , lestoits les statues du faîte des édifices,les tourelles qui formaient comme unecité aérienne» Puis, a 1 aide de 1 imagi-

nation, je reconstruisais la cité terres-tre, dont je ne voyais que la cime. Cedôme, me disais-je, est celui de lacathédrale , ancien monument desLombards Ariens, et dont la sacristieest citée pour ses chefs-dœuvre depeinture. Ce clocher, qui touche pres-que au dôme de la cathédrale , appar-tient à la. plus ancienne église de Ber-game , Sainte-Marie-Majeure _, dontla façade montre les premières tracesde lantique puissance de Venise . Cesautres églises, dont le faite monte versle ciel , du milieu des autres bâtimensde la ville, comme une prière du mi-lieu delà confusion des hommes, sontcelles de Saint-Erasme , de Saint-An-dré, remarquables par leurs tableaux*de Saint-Alexandre, patron de la ville,de Santa-Grata , petite église dereligieuses bénédictines , quon peutconsidérer comme un véritable salonpour léclat de sa dorure et le goût deses ornemens.

Voici maintenant la bibliothèquede Bergame , composée par les donsvolontaires des habitans. A ce propos,quil nous soit permis de rendre jus-tice au patriotisme dart et de cité siremarquable chez les Italiens , qui faitexcuser en eux labsence desprit pu-blic et de patriolisme politique Leurdisposition à s enorgueillir de leurs ar-tisLes donne naissance à une sorte debienveillance partiale assez singulière.Nostro Veronese, nostro Veneziano ,nostro Ferrarese, Bolognese', sont desexpressions du langage ordinaire ,pour désigner quelque talent compa-triote. Cette particularité est encoreune preuve à lappui de cette vérité,que lItalie est toujours la terre desarts , non pas peut-être par lexcel-lence et la supériorité des artistesitaliens des derniers siècles , mais parcette continuité, cette régularité de