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Tome premier.
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AUTOUR DU MONDE.

Ms plus soufflé mot. Cependant, à notre retourhabitation de M. L***, je rompis le silence,lens avec moi, me dit mon hôte; » et il me^°Uduisit au café. Un jeune homme s’y trou-ai h d’agréable et nohle figure, portant danss traits une expression indéfinissable d’éner-P® et de douceur. Son teint était pâle, un peua é seulement; ses cheveux noirs et lisses,^fyeux bleus. Je ne sais, mais celte physiono-le > au premier abord, m’inspira plus de ré-ï^gnarice que de sympathie. Verger l’accosta.

Capitaine George, lui dit-il, voici votre pas-? a £er p our Tamatave . — Ab! ah! répliqua lejftitie homme én attachant sur moi son regardeh bien! demain malin , à quatre heures,e Soleil dérape. -— Nous serons prêts, capi-» Et, après cette courte entrevue, Verger^entraîna. «Viens, me dit-il, nous n’avonstcs S ^ e temps à perdre; tes emplettes à faire,Yj e ^ a S n gcs à mettre en ordre d’ici à demain,n • Verger, quel est donc ce capitaineboi 0 ' ‘— Un excellent marin, un tameux ca-Süe • Ur / Va ’ ” el tl sourit de manière à m’intri-fai . Avantage encore. « Et quel commerce’tier ’ CG ^ ameux caboteur P — Ah ! quel com-<] e ■ Pardieu ! tous les commerces : commerce

Y 6tes a ^ a tue, commerce de bêtes à cornes.-—Eli b6r ’ ^ er £ er > tu as l’air bien goguenard! •—ac j ll °u! mon cher, il va à Madagascar pour y0 (1 ' eter des bœufs et du bétail qu’il revend ici.pU y S a gne, et je suis intéressé dans son affaire.

as socié, par Dieu ! je ne pouvais te mettreCç^'^dleures mains. » Je me tus, mais toutta {D 1116 Sen ddait louche. La figure toute fantas-ia ° du capitaine George cadrait mal avecU)., , ar gement de bœufs. Je suivis Verger

étalement.

nJ U * Eois il me fit passer en revue les vastesCa r ba ? Iris de l’Entrepôt, où s’empilaient lesv üv a,s °ns de l’Europe et de l’Inde . On yde<

ss barriques de vin par trente et qua-iïi 0] f »«Ue; des pyramides de soieries, des

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llta gnes cl’indigo, de thé, de nankin. Ici on

ait des tonneaux; là on pesait des caisses ;

pj ;iS t^ rs °n réglait des factures soit avec des

a c es fortes , soit avec le papier-monnaie qui« ï Sda - colonie.

^Uà . un pnmniflrf’P flnrifixant . dis - je à

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h’er.

un commerce florissant• Moins qu’on le croirait, mon cher.

j V v a des haillons sous ces paillettes d orr PEouis est exploite, vois-tu, par une race de. c anteur s qu’on a surnommés banians , de-cli Sleu rs de petites affaires, fraudeurs de mar-<1 J'.' ld ’ ses > détrousseurs des nouveaux débar-^ c l u i ne savent pas se défendre. Al’arrivée

d’un navire la grande comédie se joue. De cequ’il porte , nul ne veut; tous demandent àgrands cris ce qu’il ne porte pas. En fait decommerce, mon ami, il n’y a ici que du tripo-tage. Dans les premières années de la paix, l’Ile-de-I* rance fut 1 ’el-Dorado des chercheurs defortune ; on y afflua des quatre points cardi-naux ; on y vint avec des pacotilles de toutesles sortes; pacotilles de marchandises et paco-tilles d’hommes. Dans les premières années,comme il y avait pénurie de tout, les chancesfurent belles ; mais peu à peu on regorgea demonde et de denrées. Il y eut plus de spécula-teurs que d’affaires, et la réaction arriva. Lesucre était, de tous les produits de l’île, le plusdemandé et le plus lucratif; on rasa les cafierspour planter des cannes. Alors et peu à peu le ^sucre baissa jusqu’à ne pas produire les frais demanutention, et il fallut se retourner vers d’au-tres cultures. A Port-Louis, un autre vertiges’emparait des esprits. Avec les premiers béné-fices, était venu le goût du luxe; au lieu des an-ciennes habitations simples, mais commodes, onbâlit des palais; au lieu de modestes palan-quins , on voulut des voitures et des chevaux deluxe. Les bals, les soirées, les thés somptueuxprirent le dessus sur les habitudes bourgeoisesdes créoles. On faisait assaut de fêtes et de fes-tins ; car l’usage était alors de mesurer le créditet la fortune d’un homme sur le train de sa mai-son. Que résulta-t-il de tant de folies? desfaillites, des pertes irréparables pour les né-gocians honnêtes, des prétextes de bilan pourles fripons. Depuis cette débâcle, la colonie a eude la peine à relever son crédit au dehors. Lesarmateurs étrangers y ont été victimes de toutesles façons ; par la baisse des prix, par les ban-queroutes , par l’exagération des denrées et dela main-d’œuvre. Un séjour de trois mois àPort-Louis pour un navire, c’est une ruine. Iln’y a pas de bénéfice d’armement qui y résiste,pas de prix de nolis qui le compense. Ce qui estpis encore, c’est que notre commerce n’a pas decaractère précis ; il est français par les sympa-thies et les souvenirs ; anglais par la force etpar les convenances. Nos créoles demandentdes articles parisiens , et l’exagération des tarifsnous empêche de les fournir. Il faut tromper,maquignonner ou se ruiner. Pour des négo-cians le choix n’est pas douteux.

» Quelque jour pourtant nos affaires repren-dront une allure plus déterminée : la situationde l’Ile-de-France , son admirable port, sonsol fertile, l’emporteront sur les sottises deshommes. La nature a tout fait pour nous ; il