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VOYAGE PITTORESQUE
et cette direction nouvelle porta un derniercoup à la colonie si précaire du fort Dauphin .
De cette époque à la paix de 1814, le seulévénement décisif qui se passa dans ces contrées,fut l’intervention d’une escadre française,ssous les ordres de M. Hamelin, dans un débatentre le souverain de Foulepointe et celui deTamatave . Alliés de ce dernier, nos vaisseauxs’embossèrent devant Foulepointe, et, après unevive et courte canonnade, emportèrent le vil-lage et le fort au moyen de quelques troupes dedébarquement. Le résultat de cette guerre neprofita qu’aux intermédiaires : Foulepointe etTamatave reçurent garnison française.
Cette période fut toute prospère. L’abondancerégnait sur les points occupés ; les objets d’é-change y affluaient, la gomme copal, le riz etles nègres. Les plus beaux parmi ces derniersse tiraient d’une province intérieure, séjour deces Hovas qui allaient plus tard devenir lesmaîtres de la Grande-Terre. Leur souverainDian - Ampointe méditait alors une conquêtedont il légua l’accomplissement à son petit-filsRadama .
Le traité de 1815, ne stipulant rien pour Ma-dagascar , impliquait la reconnaissance de noscomptoirs sur cette île. Seulement les Anglais essayèrent alors de se créer quelques postes quipussent balancer les nôtres ; ils colonisèrent leport de Louqez, essai malheureux , qui n’abou-tit qu’au massacre des hommes débarqués. Bat-tus sur ce point , les agens britanniques serabattirent sur un autre. Déjà, vers ce temps,Radama , souverain des Hovas , révélait sespensées d’agrandissement. On ne saurait préci-ser par quels moyens, par quels émissaires,l’amirauté de Londres parvint à fonder sa pré-pondérance à la cour du souverain malgache ;mais quand on vit plus tard ce conquérantmarcher vers la soumission des nations littora-les , avec une armée travestie à l’anglaise , ma-niant le fusil à l’anglaise, avec des officiers auxuniformes rouges , on put deviner quelle poli-tique avait passé par là, et reconnaître au besoinla main de M. Farquhar, gouverneur de l’Ile-de-France .
Cette révolution , qui s’opérait sous les yeuxde notre marine et de nos garnisons, noustrouva impassibles et neutres. Dans la tendancequ’elle prenait, nous avions beaucoup à y per-dre. Nous y assistâmes cependant l’arme au bras.Radama , dans l’espace des cinq années qui sui-virent , écrasa tour à tour les chefs des Bombe-tocs, dGS Séclaves, des Antavares, des Betimsa-ras des Bétanimènes, et une foule d’autres plus
obscurs et moins redoutés. Le chef hova vinttoucher aux portes de nos établissemens, elnous n’eûmes pas seulement la pensée de ralh erà la cause française cet homme qui se seraitdonné à nous si volontiers. Pour tout espritobservateur, c’était visiblement une transfor"mation complète de cette île immense. Radama réalisait à Madagascar ce que Mohammed-Atyavait réalisé en Egypte , Tameamea à San<bwich, et Finau I er à Tonga-Tabou. Il préludait ala civilisation par la conquête : la dominationmilitaire devait le conduire à l’unité polilkp |C 'Son armée était forte déjà, compacte , disciph'née à l’européenne; les chefs étaient montés si"des chevaux venus du dehors, les soldats pouf"vus de fusils et de cartouches. Rien ne pouvaûplus lui opposer d’obstacle sérieux.
Aussi le royaume des Hovas se dévcloppa-t-^bientôt dans tous les sens ; l’intérieur de l’île<
du 14° au 18° parallèle, releva du jeune co"'quérant ; la capitale du nouveau royaume, T rnanarive ou Emirne, devint une ville puissante'et, dès ce moment, on put prévoir que les fe r 'tiles provinces des côtes orientales ne reste'raient pas à l’abri de ce vaste empiétement m 1 'litaire.
En 1819 pourtant, le gouvernement de 5Bourbons se prit à tourner de nouveau les ye"*vers Madagascar . Une poignée de soldats fquelques spéculateurs parurent au fort Dauph 1 * 1et à Sainte-Marie. Le premier de ces deux p°ftes reçut une garnison que les naturels sal" e 'rent avec joie. Sur le second s’établirent ^commandant Carayon avec un petit nomh r<:d’hommes pour la garde du drapeau , et M. A*'bran, jeune Marseillais, aux idées grandes e *hardies, qui avait conçu le plan de créai in 3 *agricoles, et qui, sans une mort précoce, A’ seut certainement réalisées. Dans le même ten'P 8 'nos anciens comptoirs delà Grande-Terre étaie’ jtexplorés par un officier de la marine français e ’M. Sylvain Roux, chargé de réveiller en nO tfffaveur les anciennes sympathies des peuplad c5 jCe fut lui qui détermina l’embarquement, à b° fdu Goto des jeunes princes malgaches, Berof 9 ’petit-fils de Jean René, souverain de Tamataet de Foulepointe, et Mandi-Tsara, petit-filscélèbre Tsi-Fanin, possesseur de Tintingue. ^deux insulaires étaient mis par leurs parens s" ^la tutelle de M. Sylvain Roux, qui devait con 1leur éducation aux collèges de notre cap' 13 .A Paris , les services de cet officier furentpréciés et récompensés peut-être au-delàleur valeur. Avec le grade de capitaine de * ^seau , on lui donna le titre de commandant