VOYAGE PITTORESQUE
partie la plus profonde de l’huître. Elles sontplus belles sur les bancs de Ceylan que dans lesautres. Quand la récolte est faite, il faut laisserpourrir les huîtres dans des puits, pour ne pascourir le risque de briser la perle en les ouvrantvivantes. Rien n’est plus variable que le résultatd’une pèche : tel canot ne rassemblera que troiscents huîtres dans sa journée, tandis qu’un au*ire en recueillera plus de trente mille. Les bancsd’huîtres sont, comme les filons des mines, plusou moins riches, plus ou moins fructueux.
Ces richesses du littoral de Ceylan conduisentà la nomenclature des comptoirs européens quile peuplent. A l’extrémité septentrionale de lagrande île, se trouve Pile de Jafna-Patnam,qu’un petit canal en sépare. Entre cette île etla presqu’île, et dans un détroit large de douzelieues, se trouve le barrage que les Européensont nommé le pont d'Adam , barrage singulierqui semble être l’ancien point d’attache de l’îlede Ceylan au continent asiatique. Ce barrageinterdit la navigation du canal aux plus petitscaboteurs. Récemment encore, des ingénieurset des hydrographes anglais ont été envoyés surles lieux par la Compagnie des Indes, pour voirsi cet obstacle de la nature ne pourrait pas êtresurmonté par les efforts de l’art. Leur rapporta été favorable, et de gigantesques travaux vontêtre entrepris, assure-t-on, pour la canalisationde ce bras de mer.
L’île de Jafna-Patnam est riche en pacageset en bestiaux. Jafna, son chef-lieu, est à peude distance du rivage. On y voit un fort. Peu-plée de Hollandais, de Maures et de Malabars,son commerce de châles et d’étoffes n’est passans importance. De là, en reprenant la côteoccidentale de Ceylan , on ne trouve rien jus-qu’au golfe de Manar où s’élève un ouvrage for-tifié : ensuite paraît Arippo, où campe le ba-taillon de troupes anglaises chargé de protégerles pêcheurs deperles ; plus loin vient Negumho,charmant village encadré de prairies et de boisde cannelliers.
Dans le sud, a quelques lieues de là, est Co-lombo , capitale du gouvernement anglais dansl’île de Ceylan , cite importante et bien défendue.Les maisons sont passablement construites, maismal couvertes et dégradées par des nuées decorbeaux et des légions de singes, qui en ébran-lent les tuiles. Le port, ou plutôt la rade,n’est tenable que pendant quelques mois del’année, à cause des fortes brises de S. O.,qui y soulèvent une mer de tempête. Malgré cetinconvénient, Colombo est encore l’une desvilles les plus peuplées de lTude; sa population
est un mélange de Maures, d’Hindous, denois, d’Arabes, de Persans, de Turcs , de J*lais et d’Égyptiens, sans compter les col°européens qui priment sur toutes ces peupl a °d’Asie et d’Afrique . On peut, sans rien exagc r ® r 'porter à 60,000 antes le chiffre de cette P 0 P U J,tion. Le portugais corrompu est la langue h a '^tucllc de Colombo et des autres comptoir 5Ceylan . Le commerce de ce port roule tout
lier sur les produits de l’ile et principale! 116sur la cannelle. On y imprime actuellement
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journal sous le titre de CcyIon-Gazette.
Dans la famille européenne, ce sont auj°'d’hui encore les Hollandais qui dominent à ^lombo. Les mœurs de ces créoles sont ntoH eS ^paresseuses. Leur vie se passe à boire, à fu” 1et à se visiter les uns les autres. Le costume üfemmes, mélangé d’européen et de chingul 11 * 5 ’ne manque pas d’élégance. Les vieilles JIoPj* 1 *daises mâchent continuellement une composi ü °.
de feuilles de bétel, de noix d’arek et de c , .
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nam, espèce de chaux faite avec des coqu 11brûlées et pilées dans un mortier. ^
De Colombo àCaltoura, la campagne estverger continuel, coupé de rivières, de p a ^rages et de bois. La contrée abonde en gibi eJ ,toute espèce. Pointe-de-Galle se montre ens u1 ^c’est le port le plus commerçant et le plusleux de l’île après celui de Colombo. Lanoire, habitée par les Malais et les Hind°est très-importante. Matourali, village arme ^petit fort, est située à l’extrémité méridional^Ceylan et à trente milles de la pointe de G a ^Ses environs sont célèbres par de belles c ^ aS ^cà l’élépliant. En 1797, on en prit soixante- 561dans une seule expédition de ce genre. D e ^tourah, si l’on remonte la côte orientale»^parcourt des forêts peuplées seulement de W (féroces, et jusqu’à Trincomalay la seuleque l’on puisse faire est àBatticola, petdJ.>;hi pour protéger la navigation des cabote 1 ^,,Trincomalay n’est pas comme comptoir com 1 ^cial une ville aussi considérable que Colom pPointe-de-Galle, mais c’est le chef-lieu nmarine militaire à Ceylan ; sa large et pf°baie étant le seul havre de cette île qui Precevoir des vaisseaux de haut bord. La co11 a |'râ’onnante est stérile, le climat chaud c l (
environnante est stemc, IC LUiliitt aui*— ^||
sain ; mais ce,s désavantages sont compensent ( , ltla sûreté du mouillage, par des arsenau* ^fournis, et de beaux chantiers de constru c11 ^Le dernier poste en remontant au N- -jt'Malativoe, petit fort bâti dans une positj 011 ^,toresque et au milieu d’une campagne m c ptLes forêts qui l’avoisinent sont abonda 1111