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VOYAGE PITTORESQUE
moyens successifs d’influence, bientôt on putcroire que notre puissance régnerait sans égaledans le triangle qui se prolonge entre Mazuli-patnam, Goa et Comorin. Les peuplades desenvirons s’habituaient peu à peu à notre supré-matie , et les rajahs avaient décerné en grandepompe à Dupleix le titre honorifique de nabab.Le Ilaut-IIindoustan lui-même, le royaume desQuatre-Circars, la principauté de Golconde , lespays d’en-delà et d’en-deçà du Gange reconnais-saient alors la puissance française . Le jeuneBussy, à la tête d’une poignée de hardis aven-turiers , dictait la loi à toute la contrée; il dis-posait des trônes indiens, prélevait des tribussur les naturels, et préparait ainsi les voies àDupleix pour une conquête finale.
Mais à cette ère de prospérité succédèrentbientôt les jours de revers. Dans le nord de lapresqu’île parurent alors tour à tour les Seikset les Marattes, peuplades nombreuses et guer-rières, qui foulèrent les Hindous et menacè-rent les comptoirs européens ; tandis que dansle Karnatic même les Anglais fomentaient desdivisions intestines et cherchaient à rétablir leurinfluence détruite. Dupleix d’une part, Saun-ders de l’autre, luttaient avec toute la puissanced’une volonté également forte, également ha-bile. « On ne savait dire qui finirait par donnerla loi ; mais on était bien assuré, dit l’abbéRaynal, qu’aucun ne la recevrait tout le tempsqu’il lui resterait un soldat ou une roupie.Cet épuisement même paraissait fort éloigné,parce qu’ils trouvaient l’un et l’autre dans leurhaine et dans leur génie des ressources que lesplus habiles ne soupçonnaient pas. » Un traitéconditionnel rapprocha pourtant les deux Com-pagnies rivales, jusqu’à ce que la guerre del’indépendance américaine déterminât un con-tre-coup dans l’Inde . Alors la prise du comp-toir de Chandernagor ouvrit les hostilités ; ellefut suivie de celle de tous les postes secondaires.Dans l’intervalle, Dupleix avait été calomniéauprès du ministère français ; on lui avait prêtédes plans d’indépendance; on avait jeté dessoupçons sur cette politique profonde qui lerendait l’arbitre souverain des princes hindous.Récemment encore les rajahs lui avaient, déféréla nabahie du Karnatic. Au lieu de l’autoriser àl’accepter, le cabinet de Versailles, mal con-seillé , le rappela.
Lally fut son successeur. Anglais d’origine,on attendait quelque bien de lui ; on croyaitqu’il pourrait amener dans l’Inde un arran-gement durable avec la Grande-Bretagne. MaisLally était un fou, un fou dangereux, incapa-
ble de commander et ne méritant pas d’etf cobéi. Son administration fut frappée de ch'mence. Dominé par un esprit sombre et imp^ 1tueux, il porta dans la lutte contre les Angl aJStout le désordre et toute l’inconséquence de s eSidées. Parti avec le vice-amiral d’Aclié, il arri' 3à Pondichéry àlafin d’avril 1758. Les première 5opérations parurent lui réussir. La bataille d cGoudelour, la prise de ce poste par le confl ed’Estaing , la reddition du fort Saint-David sig» 3 'lèrent le début de la campagne; mais bientôt las® 6d’engagemens sans résultats, après trois aff aI ’res presque successives, l’escadré française qui 113ces parages , et alors on perdit tour à tourde Scheringan , les provinces du nord et M aZtl "lipatnam. Plus tard enfin, après une vaine et f a,rfaronne démonstration contre Madras, il fafl lltsonger à se défendre dans Pondichéry que l^ 5Anglais assiégèrent. Bloquée de toutes parts etdécimée par la famine, la ville fut obligée de s<!rendre le 15 janvier 1761. Une capitulât! 0 ' 1avait été signée, puis détruite; de sorte fl llCles Anglais purent venger complètement Hl®dras de l’affront ruineux de 1746. La g arl1 ’son et les habilans se virent tous renvoyés c,)Europe, et Pondichéry fut détruite de fond c ’'comble. Aux cris de tant de colons jetés suraol de France sans pain et sans ressource,parlement répondit par le jugement et la c° 11 ,damnation de Lally, sentence que Voltaire *^bien caractérisée. « Tout le monde, dit-il, a vle droit d’assommer Lally, excepté le bourreau-,On sait quels horribles incidens accompag 111 "rent le supplice du malheureux gouverneur. ^
Le traité de 1763 ayant rendu Pondiçhéry ‘cabinet de Versailles , on supprima pour ° epossession, comme pour les autres colonie®l’Océan-Indien , le privilège de la Compagnie ^on abandonna au commerce libre le soin dere^®tir et de repeupler Pondichéry . Dès 1764,vit reparaître une foule de colons français 4avaient peine à reconnaître les fondation®^leurs anciennes demeures sous l’herbe q 111 ^couvrait. A l’arrivée de ces maîtres du sol, (Hindous accoururent bientôt par millier 5 ’Pondichéry se releva peu à peu de ses ru' 11 ^
Il fallait du temps néanmoins pour rebâtirville que lord Pigot avait fait sauter touttière. Le nouveau gouverneur Law de Ba uton y aida de son mieux par une administrsage et paternelle.
Cependant, autour de l’établissementnéré, les Anglais étendaient chaque jour j aréseau de force et de prépondérance. To l jtpresqu’île, surtout dans son littoral, de'